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Ile-de-France: un trafic de revente de voitures accidentées démantelé

D'après les enquêteurs, quinze garages seraient impliqués dans le trafic (photo d'illustration)

D'après les enquêteurs, quinze garages seraient impliqués dans le trafic (photo d'illustration) - Jean-Sébastien Evrard - AFP

La gendarmerie a mis au jour un vaste trafic de voitures accidentées qui avaient reçu un faux certificat de remise en circulation. Trois "experts" ont été mis en examen.

L'étendue du trafic laisse craindre le pire en matière de sécurité routière: une enquête longue de sept mois a permis de démasquer une escroquerie en Ile-de-France qui avait porté sur quelque 5.014 voitures d'occasion, révèle mercredi Le Parisien. Le 3 août prochain, onze personnes devront comparaître devant le tribunal correctionnel d'Evry pour travail dissimulé, escroquerie en bande organisée, et mise en danger de la vie d'autrui.

Tout a commencé en novembre dernier avec la surveillance d'un homme soupçonné de vols de voitures. L'enquête progressant, les gendarmes ont découvert qu'il travaillait notamment avec trois experts automobiles, qui délivraient des certificats de remise en circulation sans même contrôler les véhicules. Or, ce document garantit à l'acheteur d'une voiture d'occasion que celle-ci est en état de rouler. D'après les gendarmes, parmi les voitures certifiées, certaines auraient dues être considérées comme "gravement endommagées", et ne devraient pas pouvoir rouler aujourd'hui.

Les propriétaires des voitures vont être contactés

Selon les premiers éléments, révélés par Le Parisien, ces trois experts ont délivré en l'espace de trois ans plus de 5.000 certificats de remise en circulation pour arrondir leurs fins de mois. Une activité lucrative qui aurait existé grâce à la complicité présumée de quinze garages, implantés en Essonne, dans les Yvelines, et dans le Loiret.

La liste de l'ensemble des véhicules mis en cause a été transmise en début de semaine au ministère des Transports, qui devrait rentrer en contact avec les propriétaires concernés, afin de réaliser de nouvelles expertises et s'assurer que le véhicule est réellement en état de rouler.

Contacté par le quotidien parisien, Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, tombe des nues. "Ces experts déshonorent une profession qui, dans leur grande majorité, font très bien leur travail." Son association vient de demander au Sénat d'instaurer un contrat de vente obligatoire et gratuit lors de la vente d'un véhicule d'occasion pour assurer une meilleure traçabilité, et plus de transparence. Ce trafic à l'ampleur inégalé pourrait convaincre les parlementaires d'agir en ce sens.

A. G.