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Gilets jaunes: un an après, où en est l'enquête sur les accusations de violences policières au Burger King?

Lors de la mobilisation du 1er décembre 2018, des policiers avaient matraqué des manifestants parisiens réfugiés dans le fast-food. Près d'un an après les faits, aucun coupable n'a pour l'instant été identifié.

Il y a presque un an, le 17 novembre 2018, les gilets jaunes manifestaient pour la première fois en France. Depuis, de très nombreuses journées de mobilisation du mouvement ont été émaillées d'incidents et d'affrontements souvent violents entre les forces de l'ordre et les manifestants.

Plus de 400 plaintes et enquêtes pour violences policières présumées ont ainsi été déposées depuis le mois de novembre 2018. Parmi elles, 313 ont été examinées par l'inspection générale de la Police nationale (IGPN). Mais elles sont nombreuses à avoir été classées sans suite ou clôturées.

D'autres dossiers, à l'instar de celui concernant les accusations de violences policières du 1er décembre 2018 à Paris, sont encore en cours, faute d'identification des agents mis en cause. Ce soir-là, aux abords de l'Arc de Triomphe, un groupe de gilets jaunes asphyxiés par les gaz lacrymogènes de la police avait fracturé la porte d'un Burger King pour s'y réfugier. Une compagnie de CRS, qui assure avoir agi en pensant que les manifestants pillaient le fast-food, avait alors matraqué plusieurs personnes à l'intérieur.

"Sans faire aucune sommation, ils me tabassent", affirme Nathan, un gilet jaune présent sur place ce soir-là. "Même dans ma course, ils continuaient à donner des coups."

"Un travail de dédouanement par l'IGPN"

Les images de ces affrontements avaient été largement partagées. Aujourd'hui, l'avocat de deux victimes présumées s'étonne qu'aucun policier ayant participé à l'assaut n'ait encore été identifié et mis en examen.

"Maintenant, ce qu'il faudrait, c'est que leurs supérieurs hiérarchiques, qui les connaissent parfaitement, qui peuvent les identifier par rapport à leur profil, à leur physique, à leur façon d'être, puissent donner des noms ", a déclaré Arié Alimi, avocat de deux parties civiles. "Je pense qu'on a encore un travail de dédouanement par l'IGPN, un travail de blanchiment des fonctionnaires de police."

L'avocat envisage ainsi de déposer plainte pour "obstruction à la manifestation de la vérité". L'information judiciaire, confiée à un juge d'instruction, est toujours en cours. Pour l'instant, les auditions n'ont pas permis d'identifier les auteurs des coups. Sollicitée sur cette affaire, l'IGPN n'a pas donné suite.

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, seulement deux policiers ont été renvoyés en correctionnelle. Ils comparaîtront tous deux pour violences .

Magali Chalais et Caroline Bertonilo, avec Juliette Mitoyen