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Gilets jaunes: dégâts et tensions à Nantes, 1800 manifestants et 35 interpellations

La cortège a rapidement été intégré par de nombreux "black blocs". Au moins trois policiers et deux gendarmes ont été blessés selon nos informations.

Près de 1800 personnes au plus fort de la manifestation ont défilé ce samedi dans les rues de Nantes pour ce qui constituait "l'acte 44" des gilets jaunes, selon les termes des manifestants. En marge de ce rassemblement jugé à haut risque d'après les autorités, 18 personnes ont été interpellées préventivement, ont annoncé la police et la préfecture de Loire-Atlantique. Des heurts ont ensuite éclaté entre les forces de l'ordre et des manifestants, élevant le nombre d'interpellations à 35 selon un bilan définitif communiqué par la police nationale sur twitter.

Les manifestants, dont très peu arboraient le gilet fluorescent, sont partis de l'ouest cossu de la ville pour rejoindre le centre, où la situation a rapidement dégénéré, de nombreux "black blocs" ayant intégré le cortège, donnant lieu à des tirs de projectiles, auxquels la police a répondu par des jets de grenades lacrymogènes. Au moins deux gendarmes et deux policiers ont été blessés selon nos informations.

Avant la manifestation, vingt-deux cocktails Molotov et dix mortiers ont également été découverts à proximité du point de rassemblement, dans l'ouest cossu de la ville, tandis qu'une centaine de parapluies et un extincteur ont été saisis, selon la police.

"Justice pour Steve, ni oubli ni pardon"

Les manifestants s'étaient rassemblés vers midi pour un pique-nique place Mellinet, à 14 heures, heure de départ de la manifestation non déclarée. 

"Justice pour Steve, ni oubli ni pardon", pouvait-on lire sur les pancartes. Dans le cortège, les manifestants ont scandé "Tout le monde déteste la police", ou "La police mutile, la police assassine". Le cortège s'est ensuite dirigé vers le centre-ville et la police a fait usage de grenades lacrymogènes.

Relancer le mouvement

Différents groupes de gilets jaunes avaient appelé à un rassemblement national à Nantes pour relancer le mouvement près d'un an après ses débuts, dans une ville marquée par la mort de Steve Maia Caniço, cet animateur de 24 ans qui avait disparu le soir de la Fête de la musique après une intervention policière controversée. Son corps a été retrouvé cinq semaines plus tard dans la Loire.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a pris vendredi une première sanction en annonçant la mutation du commissaire divisionnaire chargé de l'intervention. L'Inspection générale de l'administration (IGA) avait estimé dans son rapport que ses décisions avaient "manqué de discernement".

La ville est également marquée par "l'affaire de Rugy", l'ex-ministre de la Transition écologique poussé à la démission mi-juillet après une série de révélations de Mediapart, portant notamment sur l'organisation de dîners fastueux.

Clarisse Martin avec AFP