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"Environ 10 ans d'emprisonnement" requis contre Sidney Amiel, l'ex-avocat accusé de viol

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Dans ce procès tenu devant la cour d'assises des Yvelines, l 'avocat général a requis une peine d'"environ 10 ans de prison". L'ancien avocat, Sidney Amiel, comparaît pour un viol et plusieurs agressions sexuelles.

"Environ 10 ans d'emprisonnement" ont été requis jeudi contre l'ex-avocat Sidney Amiel, accusé devant la cour d'assises des Yvelines d'un viol et de plusieurs agressions sexuelles et tentatives d'agressions sexuelles. "Les faits reprochés sont aggravés par sa qualité d'avocat, ce qu'il (en) sait aurait dû le pousser à se contrôler", a estimé l'avocat général Bruno Meslin. "Ces choses-là peuvent être soignées, il n'a rien fait", a-t-il poursuivi.

L'une de ses anciennes collaboratrices l'accuse de viol

L'ancien ténor du barreau de Chartres, aujourd'hui âgé de 67 ans, comparaît libre depuis le 6 juin pour des faits qui se seraient déroulés au sein de son cabinet sur deux clientes, une collaboratrice et une secrétaire. D'autres atteintes sexuelles auraient aussi eu lieu dans son cadre familial, son ex-belle-fille l'accusant d'attouchements à quatre reprises alors qu'elle était adolescente.

Pour le viol dont l'accuse l'une de ses anciennes collaboratrices et qui se serait déroulé en 2003, il y a bien eu "contrainte et surprise, deux éléments qui caractérisent un viol", a estimé l'avocat général. Et la victime présumée est "parfaitement crédible dans ce qu'elle dit", a-t-il souligné. Pour les autres parties civiles, Bruno Meslin a dit ne pas croire que Sidney Amiel n'était que "tactile" avec elles, comme lui et ses proches n'ont cessé de le répéter.

Un "dossier hallucinant"

"En réalité, je crois qu'il ne se contrôle pas. Il se raccroche à des branches assez basses pour nous faire croire à des choses qu'il n'est pas possible de croire", a-t-il ajouté, balayant notamment la thèse des différents "complots" - professionnel, antisémite, policier - évoqués par la défense tout au long de l'instruction. Maître Frédéric Landon, avocat de la défense, a estimé pour sa part qu'il fallait, dans ce "dossier hallucinant" et "complètement atypique", "s'imposer de la retenue". "Ce dossier pose des difficultés factuelles" et "Sidney Amiel se défend mal, parce que c'est un avocat qui n'est pas à la place qui est la sienne", a estimé le conseil.

"Coureur de jupons", "infidèle", "grossier", "tactile", c'est "incontestable", a concédé Maître Landon. "Que voulez-vous: les pieds-noirs, ça parle avec les mains", a-t-il ajouté, faisant valoir que pour chaque fait reproché et en l'absence de témoin, c'était "parole contre parole".

 Le dernier mot de l'accusé et le verdict sont attendus vendredi.

R.V. avec AFP