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Double meurtre de Rouen: un homme déjà condamné pour viol en garde à vue

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Un homme de nationalité ougandaise, déjà condamné pour viol et que les autorités françaises n'avaient pas réussi à expulser, a été placé en garde à vue mardi dans le cadre de l'enquête sur le double homicide commis le 20 décembre dans le centre de Rouen, a-t-on appris auprès du parquet de Rouen. "Il s'agit d'un homme de 34 ans, d'origine ougandaise condamné en 2011 à huit ans de prison pour faits de viol, et qui était sorti de prison à la mi-novembre", a déclaré le procureur Jean-François Bohnert.

Fiché délinquant sexuel

Cet homme avait été filmé par des caméras de surveillance aux abords de la place de la Pucelle, en plein coeur historique de Rouen, en compagnie des deux jeunes retrouvés étranglés dans un appartement donnant sur cette place, dans la nuit du 19 au 20 décembre. Des analyses ADN ont permis également d'interpeller le suspect.

L'arrestation a eu lieu en fin de semaine dernière, mais pour une autre raison: fiché comme délinquant sexuel, le suspect n'avait pas respecté ses obligations auprès de la police et avait été trouvé porteur de stupéfiants. "Il avait été condamné en comparution immédiate à deux mois de prison", a indiqué le procureur. "C'est pendant sa première garde à vue que les enquêteurs ont fait le rapprochement avec le double homicide".

Mise en scène

Les prélèvements ADN correspondant aux traces retrouvées sur le lieu du double meurtre, le SRPJ de Rouen est allé chercher le suspect en détention pour l'interroger mardi sur le double meurtre. Dans la nuit du 19 au 20 décembre, après une sortie nocturne, Julien T., un infirmier de 31 ans (bien 31), et Élise F., 24 ans, une jeune assistante de direction en recherche d'emploi, avaient rencontré leur meurtrier. Amis, mais ne vivant pas en couple, ils avaient passé une soirée très arrosée dans une boîte de nuit gay de Rouen. La jeune femme avait proposé à son ami, qui tenait à peine debout, de passer la nuit dans son appartement, dans lequel l'agresseur avait réussi à pénétrer.

Dans la soirée du dimanche, les jeunes gens ont été découverts morts, tués par strangulation, comme le révélera un peu plus tard l'autopsie. Leur meurtrier avait effectué une sorte de mise en scène, plaçant les deux corps l'un sur l'autre sous un drap, leur tête recouverte d'un T-shirt.

La jeune femme a subi des violences sexuelles mais pas l'infirmier qui avait été néanmoins dévêtu. La condamnation du suspect pour viol était assortie d'une interdiction de séjour en France. "La préfecture (de Seine-Maritime, ndlr) avait effectué les démarches bien avant sa sortie de prison mais, faute de coopération des autorités consulaires ougandaises à Paris, le sauf-conduit permettant l'expulsion n'a pu être obtenu", a affirmé Jean-François Bohnert. "Nous sommes souvent confrontés à ce type de problèmes", a-t-il souligné.

la rédaction avec AFP