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Disparition de Sophie Le Tan: Jean-Marc Reiser nie toute implication

Me Francis Metzger, l'avocat de Jean-Marc Reiser.

Me Francis Metzger, l'avocat de Jean-Marc Reiser. - Capture BFMTV

A une semaine d'un rendez-vous judiciaire important, Jean-Marc Reiser a pu rencontrer son nouvel avocat. Ce dernier le décrit comme quelqu'un d'"ordinaire" qui "éprouve de l'injustice".

Une semaine après sa mise en examen pour "assassinat", "enlèvement" et "séquestration", Jean-Marc Reiser, principal suspect dans la disparition de Sophie Le Tan, a un avocat. Me Francis Metzger a pu rencontrer son client mercredi. Le fond du dossier dans lequel l'homme de 58 ans est impliqué n'a été que survolé entre les deux hommes, juste le temps pour Jean-Marc Reiser de clamer son innocence. 

"Il dit 'je n’ai strictement rien à voir dans la disparition de Sophie Le Tan'", rapporte le pénaliste strasbourgeois.

Reiser "n'est pas dans la retenue"

Vendredi prochain, Jean-Marc Reiser a un nouveau rendez-vous avec la justice. "Il va être amené pour la première fois à faire des déclarations devant le juge", explique Me Metzger. Le principal suspect dans la disparition de Sophie Le Tan, une étudiante de 20 ans, avait gardé le silence lors de sa dernière rencontre avec le juge lors de sa mise en examen. Un comportement que son avocat explique par la fatigue, l’épuisement de la garde à vue et les droits de tout citoyen, qui l’avaient amené à ne pas vouloir faire de déclaration."

Lors de sa garde à vue, Jean-Marc Reiser avait été prolixe face aux enquêteurs, parlant de sa vie, de ses études, mais se refermant dès que la disparition de la jeune femme était abordée. Les policiers parlaient alors d’un homme glacial, méprisant, manipulateur, joueur, qui se victimise parfois. "J’ai été surpris par le caractère ordinaire de l’homme, rétorque l'avocat. Certes il en impose un peu en raison de sa stature, c’est un grand gaillard. Il s’exprime bien, il a une bonne diction, des propos cohérents, une bonne syntaxe. Il est vrai qu’il a fait des études, ça se remarque très rapidement."

"C’est un homme qui converse, qui dialogue, qui n’est pas dans le silence, qui n’est pas claquemuré, qui n’est pas dans la retenue, qui n’est pas dans la façade. Ce sont autant d’éléments positifs, pour me donner envie de travailler sur sa défense et de l’écouter plus avant", poursuit Me Metzger, expliquant pourquoi il avait accepté ce dossier.

"Prisonnier de son passé"

L'enquête sur la disparition de Sophie Le Tan, jamais revenue de la visite d'un appartement à louer, avait conduit les policiers sur les traces de Jean-Marc Reiser. Le témoignage de deux autres jeunes femmes qui avaient raconté avoir eu rendez-vous pour visiter un logement à Schiltigheim, près de Strasbourg, avait fait avancer les investigations.

Au domicile de l'homme de 58 ans, l'ADN de l'étudiante a été découvert. Les enquêteurs ont alors parlé d'un "profil compliqué": Jean-Marc Reiser a déjà été condamné pour le viol de deux jeunes femmes à la fin des années 90. Il avait été acquitté, en 2001, dans une autre affaire de disparition.

"Il a parlé de son passé et ce passé surgit constamment dans l’image, le portrait qui a été dressé de lui. Ce n’est pas le passé qui rattrape Jean-Marc Reiser, mais le passé emprisonne Jean-Marc Reiser. (...) C’est un homme qui éprouve de l’injustice. Il en a déjà éprouvé dans le passé puisqu’il dit qu’il a déjà été condamné alors qu’il n’était pas coupable. Son passé a fondamentalement restreint son périmètre de clamer son innocence. Il est prisonnier de ce passé."

Justine Chevalier avec Kevin Drouant