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Des habitants de Saint-Denis dénoncent les ravages des trafics de drogue et veulent des solutions

Excédés par la présence de dealers dans plusieurs quartiers de Saint-Denis, des habitants soutenus par la municipalité se sont regroupés en collectif. Ils racontent leur quotidien face aux trafics et réclament des moyens supplémentaires à l'Etat.

C'est un ras-le-bol qu'expriment les habitants de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Face à la recrudescence du trafic de stupéfiants dans leur ville, un collectif d'habitants a décidé de se mobiliser. Au quotidien, la présence des dealers est devenue difficilement supportable comme le raconte Clémence qui témoigne à visage caché par peur de représailles. Depuis 27 ans, cette habitante qui témoigne cette habitante de Saint-Denis vit dans l'une des cités touchées par les trafics.

"On a des guetteurs aux quatre coins de la cité qui crient dès qu'ils voient la police arriver. Ils réveillent les gens, ce n'est plus possible", raconte-t-elle excédée sur BFM Paris.

"L'Etat laisse ses enfants à la merci des dealers"

Malgré les opérations policières fréquentes pour démanteler ces réseaux, les trafics prolifèrent. Des deals qui se font dans les parkings ou les cages d'escalier, sous les yeux des riverains.

"Ce qui me choque aussi, c'est de voir des enfants qui sont dans le trafic très jeune. Je connais trois enfants d'une famille, sur ces trois enfants qui ont peut-être 22 ans, 20 ans, 18 ans, tous sont dans le trafic. Il y en a un de ces trois qui est mort d'une overdose dans la cité. C'est quand même grave de voir que l'Etat laisse ses enfants à la merci des dealers", poursuit Clémence. 

Plus de policiers réclamés 

Le collectif, soutenu par la mairie de Saint-Denis a prévu de manifester ce jeudi devant la préfecture de Bobigny. Leur objectif, réclamer des moyens supplémentaires à l'Etat.

"Nous demandons des choses simples, que les effectifs de police sur Saint-Denis soient équivalents à ce qui se pratique ailleurs sur le territoire national. Or nous avons deux fois moins de policiers par habitant qu'il n'y en a à Paris ou dans n'importe quel département français", dénonce Stéphane Peu, maire adjoint à Saint-Denis.

Quand en France on compte environ un policier pour 200 habitants, selon la mairie de Saint-Denis il n'y aurait dans la commune qu'un policier pour 400 habitants. Selon lui, le travail des policiers sur place ne serait pas non plus adapté pour enrayer les trafics. "Quand il y a quelques arrestations de trafiquants, derrière l’absence de police de rue présente fait que le trafic se réinstalle immédiatement. C’est un sentiment d’inefficacité pour les policiers eux-mêmes et pour les habitants."

C. B avec Séga Kanouté