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Couple tué par un gendarme: les enfants dénoncent une enquête "bâclée"

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

Le couple a été fauché sur la route par un gendarme en état d'ivresse dans l'Isère. Ce dernier a été condamné à 18 mois de prison, mais les enfants des victimes estiment qu'il reste des zones d'ombre.

Une enquête “bâclée”. L’attaque vient de Céline, Alain et Olivier Duron, les enfants du couple de septuagénaires tués par un gendarme lors d’un accident de la route mardi dernier dans l’Isère. Le militaire a depuis été condamné à 18 mois de prison ferme, mais les enfants des victimes estiment que la justice “n'a pas fait toute la lumière sur ce drame”, regrettent-ils dans les colonnes du Parisien.

Mardi dernier, Loïc D, un gendarme de 35 ans en permission percute plusieurs voitures sur une route nationale située à proximité de Bourgoin-Jallieu. L'accident fait deux morts, un couple de septuagénaires, Geneviève et Florencio, tous deux en arrêt cardio-respiratoire à l’arrivée des secours. Une femme de 27 ans est également hospitalisée en urgence absolue.

2,54 g/L d'alcool dans le sang

Après interpellation, la police découvre que le conducteur a un taux d’alcool dans le sang de 2,54 g/L, une alcoolémie bien au-delà de la limite autorisée. Il reconnaît qu’il revenait d’une soirée entre collègues durant laquelle il a bu six pintes de bière. Déféré en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu, Loïc D. fait part de ses regrets à l’audience: “C'est une catastrophe. Je veux demander pardon aux victimes". Il est condamné à un an et demi de prison.

Mais pour les enfants des victimes, l’affaire n’est pas close. “On se bat pour que justice soit faite", confie Alain à RTL. Lui et ses frères et soeur pointent du doigt la responsabilité des autres gendarmes, présents au bar:

“Ces gendarmes connaissent forcément, de par leur profession, les conséquences d’une telle alcoolisation. Pourtant, ils ont laissé repartir leur collègue au volant de sa puissante voiture”, s’interrogent-ils dans Le Parisien.

De son côté, la procureure Dietlind Baudoin considère que si ses collègues gendarmes ont une responsabilité morale, ils ne sont pas pour autant responsable pénalement, rapporte le quotidien.

48 heures d'enquête

Autre élément troublant: dans la voiture se trouvait un autre gendarme, avec son fils âgé de 11 ans. Le militaire, qui s’est sorti indemne de l’accident a été entendu par la police mais son alcoolémie n’aurait pas été prélevé, d’après France Bleu Isère.

Enfin, la famille s’interroge sur la durée du temps d’enquête: tout juste 48 heures. Un laps de temps qui n’aurait pas permis de faire la lumière sur la personnalité du prévenu, notamment concernant la piste “d’un comportement dangereux” évoqué par son ex-femme à l’audience. Le soir du drame, le gendarme conduisait avec sa fille de 8 ans à bord du véhicule.

De son côté, la procureur de Bourgoin-Jallieu, Dietlind Baudoin estime que “le dossier pouvait parfaitement être jugé en l’état.”

Céline, Alain et Olivier Duron envisagent donc d’écrire un courrier à la Garde des Sceaux afin de s’assurer que les protagonistes n’ont pas été “protégés” par leur statut de gendarmes.

Esther Paolini