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Christine Boutin condamnée à 5.000 euros d'amende pour avoir qualifié l'homosexualité d'"abomination"

Christine Boutin le 17 mai 2014 lors d'un meeting à Paris, avant les élections européennes

Christine Boutin le 17 mai 2014 lors d'un meeting à Paris, avant les élections européennes - Bertrand Guay - AFP

L'ancienne présidente du Parti chrétien démocrate devra en outre verser 4.000 euros de dommages et intérêts aux deux associations Le Refuge et Mousse.

Pour avoir assimilé "l'homosexualité" à "une abomination", Christine Boutin a été condamnée vendredi par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 5.000 euros pour "provocation à la haine ou à la violence contre les homosexuels". Elle devra également verser 4.000 euros de dommages et intérêts aux associations Le Refuge et Mousse qui aident les jeunes homosexuels en rupture avec leur entourage, et qui s'étaient constituées parties civiles. En revanche, la partie civile de l'association Inter-LGBT, qui avait porté plainte contre Christine Boutin, a été jugée irrecevable.

L'ancienne présidente du Parti chrétien-démocrate s'était laissé aller à cet élan homophobe lors d'une interview donnée à la revue politique timestrielle Charles en avril 2014. "Je n'ai jamais condamné un homosexuel. L'homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n'est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné", avait à l'époque expliqué Christine Boutin.

L'avocat de Boutin défend "une opinion" de sa cliente

"Ce que l'on entend dans vos propos, c'est que les homosexuels sont une abomination", avait résumé le procureur, indiquant que le parquet avait reçu 500 plaintes de particuliers outrés après sa déclaration.

Son avocat avait plaidé la relaxe, estimant que sa cliente était jugée pour "une opinion". "Votre décision aura des conséquences énormes sur la liberté d'expression. Si vous suivez les réquisitions du procureur, alors il faut saisir la Bible!", avait-il lancé.

Lors des débats, l'ex-ministre du Logement avait expliqué avoir "hésité à répondre à cette question qui faisait référence à une citation de l'Ancien et du Nouveau testament" avant de se dire que c'était "une occasion de clarifier (sa) pensée". "Mon opinion s'inscrit dans la tradition chrétienne", avait justifié l'ancienne députée des Yvelines, tout en précisant qu'elle avait regretté ses propos par la suite. "Mais je suis une femme directe, j'essaye d'être en accord avec mes convictions profondes mais cela ne veut pas dire que je condamne les personnes homosexuelles", avait-elle assuré.

D. N.