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Cédric Chouviat: l'avocat des policiers assure "qu'ils ne l'ont pas entendu" dire "j’étouffe"

Interviewé par BFMTV, l'avocat de deux policiers mis en cause dans la mort de Cédric Chouviat assure que ses clients "ne l'ont pas entendu" dire "j'étouffe".

"J’étouffe", prononcé à sept reprises. Lundi, Le Monde et Mediapart publiaient les derniers mots prononcés par Cédric Chouviat lors de son interpellation à Paris en janvier dernier. Ce mardi matin, l’avocat de deux des policiers a affirmé sur BFMTV que ses clients ont découvert ces mots seulement lors de leurs auditions avec l’IGPN.

"Arrête", "je m'arrête", "j'étouffe"

"Arrête", "Je m'arrête", puis "J'étouffe" prononcé sept fois: tels sont les mots de Cédric Chouviat au cours des 22 secondes de son arrestation. C’est en tout cas ce qui ressort des analyses des treize vidéos de l’interpellation, neuf filmées par le livreur lui-même, trois enregistrées par un des quatre policiers présents au moment des faits et la dernière par un automobiliste.

Mais l’avocat spécialiste de la défense des forces de l’ordre a déclaré sur BFMTV que ses clients n’ont pas entendu la victime les dire.

“Ils ne l’ont pas entendu dire ‘J’étouffe.’ Les mots ont été prononcés dans un micro collé à la bouche de Monsieur Chouviat. Ils étaient en train de se battre contre lui pour essayer de le menotter donc ils n’ont pas entendu”, fait savoir Laurent Franck Lienard.

Pour le représentant de deux policiers mis en cause, les images montrent surtout "un Cédric Chouviat extrêmement injurieux, qui traite les policiers de guignols, de clowns, qui va au contact en permanence, qui refuse tout ce que demandent les policiers et qui est véritablement insupportable pendant son contrôle", déplore-t-il, tout en assurant que "la justice ne se fait pas sur un plateau TV, elle se fait dans le cabinet du juge d’instruction, avec le temps de l’enquête".

Un parallèle "criminel" avec George Floyd

"Est-ce que vous pensez sérieusement que des policiers parisiens entendraient quelqu’un dire ‘j’étouffe’ et continueraient à l’étouffer volontairement pour le tuer ?", a poursuivi Me Liénard, dénonçant également le "parallèle" qui est fait entre la mort de George Floyd aux Etats-Unis et celle de Cédric Chouviat, qu’il juge "malhonnête” et "criminel".

“Est-ce que sérieusement vous pouvez faire un parallèle entre ce qu’il se passe aux Etats-Unis avec la police municipale américaine qui a les défauts qu’on lui connaît et la police nationale française qui est extrêmement respectueuse des lois et des gens?"

En fin de matinée, la famille de Cédric Chouviat a tenu une conférence de presse lors de laquelle elle a déclaré que les policiers ne lui avaient "laissé aucune chance". Ses proches ont également regretté que les policiers mis en cause ne soient "toujours pas suspendus". À l’heure actuelle, les quatre policiers ont été entendus en garde à vue. Ils seront de nouveau convoqué "début juillet" pour une éventuelle mise en examen.

Esther Paolini Journaliste BFMTV