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CARTE – Près de 90 prisons surpeuplées en France

Une cellule de prison avec des lits superposés

Une cellule de prison avec des lits superposés - PATRICK KOVARIK / AFP

La prison du Nord-Pas-Calais où deux surveillants ont été agressés dimanche accueille 1,6 fois plus de détenus que prévu. La surpopulation carcérale est un générateur de violence. Elle concerne aujourd'hui 88 établissements en France, qui dépassent de 20% à 155% leur capacité d’accueil.

Ce lundi matin, 114 prisons parmi les 188 de France sont bloquées par leurs gardiens. L’agression de deux surveillants dans la prison de Longuenesse ce dimanche soir à coups de pied de table en acier a remis le feu aux poudres. Cette maison d’arrêt du Nord-Pas-de-Calais accueille 317 détenus pour seulement 193 places opérationnelles; la densité en cellule y atteint 164%. Ce surpeuplement a sans doute exacerbé les tensions entre prisonniers et gardiens hier soir.

Jusqu’à 155% de détenus en trop

La situation dans les prisons françaises empire d’année en année: les créations de places ne comblent pas l’augmentation du nombre de condamnés. Au total, 68.432 personnes sont détenues en France, alors que les pénitenciers comptent seulement 58.681 places décentes, selon les derniers chiffres du ministère de la Justice. En 2015, le pays hébergeait 2162 prisonniers de moins. Résultat, 1638 détenus dorment actuellement sur des matelas à même le sol, contre 1006 en 2015.

Dans certaines prisons, la situation devient intenable. A Nîmes, deux à trois détenus partagent une même cellule individuelle. Dans cet maison d’arrêt, le taux de remplissage atteint 256%. L'établissement de Nîmes fait d'ailleurs partie des prisons bloquées ce lundi. 

La carte ci-dessous montre les 88 établissements de France occupés à plus de 120% de leur capacité d’hébergement (dézoomez pour voir l’Outre-Mer).

C’est dans la région parisienne que la manque de places est le plus criant. En moyenne, les prisons de l’Ile-de-France sont occupées à 142% de leur capacité maximale. Dans la région de Marseille, cette densité moyenne atteint 128% et 124% aux alentours de Toulouse.

La situation est encore plus préoccupante dans les établissements pour mineurs. Les maisons d’arrêt pour condamnés de moins de 18 ans affichent une densité supérieure à 133%; jusqu’à 157% dans la région parisienne et 150% aux alentours de Marseille. Au contraire, les quartiers réservés aux femmes semblent épargnés par la surpopulation: sur l’ensemble du territoire, seules 87% des places pour femmes sont occupées aujourd’hui. En effet, les condamnations à des peines de prison touchent beaucoup plus les hommes que les femmes.

Emeline Gaube