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Bygmalion: l'enquête confiée à trois juges

Une photo du site Bygmalion.

Une photo du site Bygmalion. - -

Des juges vont être chargés de l'affaire sur les liens financiers entre la société Bygmalion et l'UMP, a annoncé vendredi le parquet de Paris.

Le parquet de Paris a ouvert vendredi une enquête dans l'affaire Bygmalion, pour faux et usage de faux, abus de confiance et tentative d'escroquerie.

Dans l'affaire Bygmalion, la justice soupçonne un système présumé de fausses factures mis en place en 2012 par l'UMP et l'équipe de campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy pour couvrir des dépassements de frais.

Trois juges ont été désignés, dont Serge Tournaire et Renaud van Ruymbeke, a précisé une autre source proche de l'enquête. Leurs investigations porteront sur l'année 2012. Les dernières factures réglées par l'UMP à la filiale de Bygmalion l'avaient été en novembre de cette année, avait expliqué un cadre de la société.

Trois infractions présumées dont de possibles détournements de fonds

Les faits présumés de faux et usage de faux concernent les factures émises par Event & Co, la filiale événementielle de Bygmalion.

L'avocat de la société a reconnu qu'elle avait faussement imputé à l'UMP, sous couvert de conventions, des dépenses qui avaient en fait été effectuées lors des meetings du président-candidat Nicolas Sarkozy. Bygmalion a expliqué avoir accepté de faire ces fausses factures à la demande de l'équipe de campagne, qui lui aurait expliqué que c'était le seul moyen pour la société d'être payée, le plafond autorisé des dépenses étant dépassé.

L'abus de confiance concernerait lui le possible détournement de fonds au préjudice de l'UMP.

Quant à la tentative d'escroquerie, elle se réfère au fait qu'auraient été volontairement minorées les dépenses engagées à l'occasion de la campagne, afin de présenter des comptes susceptibles d'être validés par la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, puis par le Conseil constitutionnel.

Ces comptes n'avaient finalement pas été validés, pour d'autres raisons, ce qui explique le chef de tentative d'escroquerie et non d'escroquerie, a expliqué une source judiciaire.

A.L.M. et D. N. avec AFP