BFMTV

Business France: la ministre Muriel Pénicaud convoquée devant les juges le 22 mai

Muriel Pénicaud, le 28 juin 2017.

Muriel Pénicaud, le 28 juin 2017. - Geoffroy Van Der Hasselt - AFP

La ministre du Travail va être entendue par un juge d'instruction en tant que témoin assisté.

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, doit être entendue par un juge d'instruction le 22 mai prochain dans l'affaire Business France, a annoncé ce mardi le ministère du Travail, confirmant une information du Canard enchaîné dans son édition à paraître mercredi. La ministre est convoquée sous le statut intermédiaire de témoin assisté, donc elle n'est pas concernée à ce stade par une éventuelle mise en examen.

Cette affaire porte sur des soupçons de marché public passé dans appel d'offres, autour d'un déplacement d'Emmanuel Macron à Las Vegas en 2016 organisé par Business France. Business France, une structure chargée de promouvoir les entreprises françaises à l'étranger, était à l'époque dirigée par Muriel Pénicaud.

Le 6 janvier 2016 à Las Vegas, en plein Consumer Electronics Show (CES), grand-messe mondiale de l'innovation technologique, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, avait rencontré des dirigeants de start-up françaises.

Soupçons de favoritisme

Selon Le Canard enchaîné à l'origine des premières révélations, le coût de l'opération réalisée par Havas pour Business France, sans qu'il n'y ait eu d'appel d'offres, aurait été de 381.759 euros, dont 100.000 euros pour les seuls frais d'hôtel.

Après un signalement de l'Inspection générale des finances (IGF) révélé par Le Canard enchaîné, le parquet de Paris avait ouvert en mars 2017 une enquête pour "favoritisme et recel de favoritisme", ensuite confiée à des juges d'instruction le 7 juillet. Les enquêteurs cherchent en particulier à déterminer si Muriel Pénicaud a pu être informée en amont de dysfonctionnements, ce qu'elle a toujours nié.

Une perquisition en juin

Les enquêteurs de l'office anticorruption de la police judiciaire ont saisi le 20 juin, lors d'une perquisition chez Havas et Business France, un courriel du 11 décembre 2015 de Fabienne Bothy-Chesneau, à l'époque directrice de la communication de l'organisme, qui peut suggérer que sa patronne a été "briefée" des difficultés rencontrées. La ministre est aussi soupçonnée de n'avoir informé son conseil d'administration qu'en décembre 2016, six mois après avoir reçu un audit du cabinet E&Y sur cette affaire et d'en avoir présenté une synthèse biaisée.

D'après Le Monde, Fabienne Bothy-Chesneau a suggéré lors son audition à l'office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff) que son ancienne patronne ne pouvait être tenue dans l'ignorance des modalités d'organisation. Entendue par les juges le 21 septembre, elle en était ressortie sous le statut de témoin assisté.

C.V. avec Jérémy Brossard et AFP