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Béziers: la pub sur l'arme des policiers "s'adresse aux délinquants" dit Ménard

La nouvelle affiche de la mairie de Béziers au sujet de l'armement de sa police municipale ne passe pas inaperçue.

La nouvelle affiche de la mairie de Béziers au sujet de l'armement de sa police municipale ne passe pas inaperçue. - Sylvain Thomas - AFP

"Désormais la police municipale a un nouvel ami", peut-on lire depuis mercredi sur une affiche placardée dans les rues de Béziers montrant un pistolet en gros plan avec un écusson tricolore sur la crosse.

Depuis le 1er février, la police municipale de Béziers patrouille armée dans les rues de la ville. Pour marquer le coup, la mairie (proche du Front national) a mis en place une opération de communication un peu musclée. Sous la photo d'une arme de service assortie du blason de la force de police, on peut lire: "Désormais, la police a un nouvel ami". La campagne, réalisée en interne par les services municipaux, s'affiche sur 130 panneaux d'affichages.

Ce slogan digne des meilleures répliques de western n'a pas été bien accueilli par tous sur les réseaux sociaux, auquel certains utilisateurs répondent avec une certaine ironie.

La nouvelle affiche de la mairie de Béziers au sujet de l'armement de sa police municipale ne passe pas inaperçue.
La nouvelle affiche de la mairie de Béziers au sujet de l'armement de sa police municipale ne passe pas inaperçue. © Ville de Béziers

L'association d'avocats Confluences, par exemple: "Pour appeler à la paix sociale, la nouvelle affiche de la mairie de #Béziers".

Mercredi, Bernard Cazeneuve a réagi à cette campagne, dont il dit "regretter la tonalité délibérément provocatrice". "Dans la République, les symboles que l'on choisit ont un sens (...) L'outrance de cette campagne ne peut qu'aboutir à de graves contresens", prévient-il, ajoutant que "réduire l'action des forces de l'ordre à leur arme, c'est en premier lieu méconnaître la conception qu'elle se sont de leurs missions." Le ministre de l'Intérieur rappelle "son soutien aux forces de l'ordre", et condamne "toute forme de manoeuvre visant à les instrumentaliser à des fins polémiques".

Contacté par BFMTV.com, Robert Ménard assume le message: "Ce n'est pas une campagne institutionnelle, mièvre et sans nerfs. On voulait faire passer un message fort aux Bitterois, à savoir qu'il y a une véritable police municipale, qui est armée et qui travaille 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7."

"Les règles ont changé"

Le maire de Béziers récuse les accusations de caricature. Il ne pense pas que l'image de la police municipale bitteroise puisse en souffrir. "A Beziers, elle avait l'image d'une police qui ne pouvait pas faire son travail." Notant les reprises médiatiques, Robert Ménard estime qu'elle a déjà porté ses fruits, et en résume le message façon Règlement de comptes à OK Corral:

"Cette campagne s'adresse aux Biterrois et aux délinquants: elle dit que les règles ont changé. A l'heure où un Premier ministre est accueilli en déplacement officiel par des tirs de kalashnikovs, c'est nécessaire".

Renforcer la police municipale avait été l'un des arguments de campagne de Robert Ménard à son arrivée à l'hôtel de ville. Il a ainsi mis en place une patrouille renforcée: à la nuit tombée, deux véhicules occupés par trois policiers chacun sillonnent les rues de Béziers. Et, peu de temps, après son élection, il a lancé le processus aboutissant à l'armement de ces patrouilles. Ces mesures comprennent le renforcement des effectifs (doubler le personnel en trois ans, de 37 à 60 officiers) et l'équipement en caméras, taser, flash-balls et armes à feu pour un coût total allant de 60.000 euros à 70.000 euros.

Il justifiait l'armement par son souhait de voir la police municipale travailler après 23 heures. Neuf policiers sont déjà équipés de ces armes automatiques de calibre 7,69 et patrouillent, essentiellement la nuit.