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Attaque au couteau de Marseille: les familles attaquent l'Etat pour "faute"

Les proches des victimes se recueillent devant la plaque commémorative dévoilée lundi.

Les proches des victimes se recueillent devant la plaque commémorative dévoilée lundi. - Boris HORVAT / AFP

Jeudi, le tribunal administratif de Lyon a annoncé que les familles des victimes de l'attaque au couteau de la gare Saint-Charles attaquent l'Etat pour "faute".

Les familles de Mauranne Harel et Laura Paumier, tuées il y a un an à Marseille lors d'une attaque terroriste au couteau, ont déposé un recours pour "faute" contre l'État devant le tribunal administratif de Lyon, a-t-on appris jeudi auprès de la juridiction.

"Les proches des deux jeunes filles demandent, dans deux recours déposés le 28 septembre dernier, que le tribunal reconnaisse la responsabilité de l'État pour faute dans la survenance de leur assassinat (...) et qu'il soit fait droit de leur demande indemnitaire pour plusieurs membres des deux familles", a précisé le tribunal.

"Dysfonctionnements graves"

Les deux cousines de 20 ans ont été tuées le 1er octobre 2017 sur l'esplanade de la gare Saint-Charles à Marseille par Ahmed Hanachi, un Tunisien de 29 ans, abattu ensuite par des militaires de Sentinelle juste après l'attentat, revendiqué par l'organisation État islamique (EI).

Le recours des familles pointe notamment le fait que le meurtrier avait été "appréhendé à Lyon quelques jours avant l'attaque suite à un vol à l'étalage, puis relâché après sa garde à vue sans mesure d'éloignement ni placement en rétention".

"Nous avons l'impression que l'État cherche à minimiser sa responsabilité en ne parlant que de "dysfonctionnements graves du dispositif d'éloignement". Pour nous, il s'agit d'une véritable faute avérée", ont affirmé les parents des deux cousines à la chaîne de télévision M6, qui a annoncé leur intention d'agir en justice.

Limogeage du préfet

Ce double meurtre avait entraîné le limogeage du préfet du Rhône au terme d'une enquête administrative qui avait pointé à la préfecture "des dysfonctionnements graves du dispositif d'éloignement" des étrangers en situation irrégulière.

Lundi, en présence de proches des victimes et d'élus, une plaque commémorative a été dévoilée à Marseille sur l'esplanade de la gare.

B.L. avec AFP