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Après les aveux de Bernard Preynat, l'avocat d'une victime déplore "un dossier jugé à mille agressions près"

L'ex-prêtre Bernard Preynat à son procès. - PHILIPPE DESMAZES / AFP

L'ex-prêtre Bernard Preynat à son procès. - PHILIPPE DESMAZES / AFP - -

L'ex-prêtre Bernard Preynat est jugé à Lyon pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts il y a plus de 30 ans. Lors de l'audience cette semaine, il a admis qu'il pouvait s'en prendre à "quatre ou cinq enfants" par semaine. L'avocat d'une victime déplore "un dossier jugé à mille agressions près".

"Vous êtes en train de juger un dossier à mille agressions près", a lancé au tribunal, jeudi à Lyon, l'avocat d'une victime de l'ex-prêtre Bernard Preynat, en faisant un "décompte morbide" de ses abus sexuels passés.

À l'audience cette semaine, l'ancien curé de la paroisse Saint-Luc, qui comparaît pour des agressions commises sur de jeunes scouts entre 1971 et 1991, dont une poignée seulement ne sont pas prescrites, a admis qu'il pouvait s'en prendre à "quatre ou cinq enfants" chaque semaine.

"Quatre à cinq agressions par semaine, sur la période ça fait entre 3.000 et 4.000, vous êtes en train de juger un dossier à mille agressions sexuelles près, quand une seule suffit à briser la vie d'un homme comme on vient de vous le dire", a souligné Me Jean Boudot devant le tribunal correctionnel.

Avant lui, Me Nadia Debbache, la première à plaider pour les parties civiles, a raconté comment son client François Devaux avait hésité jusqu'au dernier moment à venir témoigner de ses souffrances.

"Mieux comprendre certains silences"

"Il n'était pas certain que toutes les parties civiles soient assises dans ce tribunal", a-t-elle dit. "Cette mise à nu est utile pour mieux comprendre certains silences, pour permettre à la société de comprendre à quel point une seule agression peut avoir un effet dévastateur et pourquoi cela a du sens, même trente ans après les faits, de venir devant vous." Neuf victimes sur dix assistent finalement au procès.  "Quand Preynat a pris la parole lundi matin, ils ont tous eu la même réaction: ils ont immédiatement reconnu la voix de celui qui, pendant des décennies, les uns après les autres, les a agressés en disant qu'il les aimait", a poursuivi Me Boudot.

"Cette affaire met plus en évidence que d'autres les ravages d'une agression sexuelle", par le nombre de victimes qui ont toutes une histoire différente et parce qu'ils sont aujourd'hui des adultes: "On a trente ans de recul, multipliés par des dizaines de victimes, alors on sait aujourd'hui ce que ça fait", a insisté l'avocat de Matthieu Farcot.

Jeanne Bulant avec AFP