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Anesthésiste accusé d'empoisonnements: pour l'avocat des parties civiles, "c'est quelque chose de jamais vu"

Le médecin-anesthésiste plaide son innocence depuis le début des accusations d'empoisonnement, les premières datant de 2007.

Un médecin-anesthésiste de Besançon, Frédéric Péchier, a été placé en garde à vue mardi matin pour être interrogé sur des cas d'empoisonnements de patients. L'enquête porte sur "une cinquantaine d'événements indésirables graves signalés", selon une source proche du dossier. L'homme avait déjà été mis en examen pour sept autres cas en 2017, mais avait été laissé en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'exercer.

"On va collaborer bien sûr"

Son avocat a réagi à ces nouvelles accusations, assurant sur BFMTV que Frédéric Péchier "n'a jamais été impliqué de quelques façons que ce soit dans un acte criminel, dans un acte d'empoisonnement".

Maître Randall Schwerdorffer a réaffirmé que le médecin anesthésiste se déclarait toujours innocent de ces actes d'empoisonnement, et assure qu'il sera très coopératif lors de sa garde à vue: "On aimerait bien que ça s'arrête, on a envie comme tout le monde d'arriver à la vérité, que ce dossier se termine enfin, raison pour laquelle on va collaborer bien sûr, dans le cadre de cette garde à vue".

"Autant d'empoisonnements sur le dos d'une seule personne"

Pour Frédéric Berna, avocat des parties civiles, la garde à vue est une étape supplémentaire vers la culpabilité du médecin, alors que les indices se sont accumulés contre lui.

"S'il s'avère que tous ces faits sont imputables, alors potentiellement, autant d'empoisonnements sur le dos d'une seule personne, c'est quelque chose de jamais vu dans l'histoire judiciaire française", déclare-t-il à BFMTV.

Doses létales de potassium et d'anesthésiques

Dans la première "affaire Péchier", les sept cas d'empoisonnement identifiés étaient ceux de patients âgés de 37 à 53 ans qui avaient subi, entre 2008 et 2017, des interventions chirurgicales ne présentant pas de difficultés particulières. Ils avaient pourtant fait des arrêts cardiaques, deux d'entre eux étant décédés, les cinq autres ayant pu être ranimés.

Le docteur Péchier qui n'était pas en charge de ces patients avait été appelé pour secourir certains. L'enquête a établi que des doses potentiellement létales de potassium et d'anesthésiques avaient été administrées volontairement, provoquant les arrêts cardiaques. Les soupçons se sont portés sur le docteur Péchier qui exerçait dans les deux établissements où les incidents opératoires s'étaient produits.

Salomé Vincendon avec AFP