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Alpes-Maritimes: une clinique relance des parents pour qu'ils paient l'autopsie de leur bébé mort-né

La maternité du Blanc lors de la mobilisation contre sa fermeture.

La maternité du Blanc lors de la mobilisation contre sa fermeture. - GUILLAUME SOUVANT / AFP

Cet été, plus de six mois après qu'Ornella Pantar a accouché d'un enfant mort-né, celle-ci et son mari Grégory ont reçu courrier sur courrier de la part de la clinique de Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, où la jeune femme s'était rendue pour la naissance. L'institution réclamait les frais d'autopsie.

Les relances ont fini par cesser, en même temps que les réclamations financières, mais la bataille aura duré une bonne partie de l'été, comme le raconte ici Var Matin. Plus de six mois après qu'Ornella Pantar a accouché d'un enfant mort-né, le petit Ennio, à la clinique Saint-Jean de Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, le couple qu'elle forme avec Grégory s'est vu contacter de manière répétée par l'institution pour s'acquitter de frais d'autopsie, par ailleurs très onéreux. 

Le 11 décembre 2017, Ornella, 35 ans et infirmière libérale, ressent les contractions. A la maternité malheureusement, le personnel soignant n'entend pas le cœur de son enfant battre. Le lendemain, il est déjà mort en sortant du corps de sa mère. "On est venu me proposer une autopsie. On nous a fait signer des documents mais je ne me souviens plus lesquels. Nous étions sous le choc", dit-elle à présent. 

Une lettre au beau milieu de l'été

La vie reprend alors son cours. Mais le 13 juillet dernier, une lettre vient rappeler le triste épisode. Il s'agit d'une relance, alors même que le couple assure ne pas avoir reçu de premier courrier, du service recouvrement de la clinique qui demande 741 euros pour frais de séjour. Surprenant pour quelqu'un qui n'y a passé que deux nuits. Elle joint donc la clinique: "On m'a dit qu'il s'agissait en fait de frais funéraires. Ce qui m'a étonné car nous avions fait appel à une société de pompes funèbres".

Elle enchaîne alors les coups de fil: CHU, funérarium puis la Caisse primaire d'assurance-maladie. Le CHU retranche 330 euros de "prestation funéraire" indus. Et le 27 juillet, une nouvelle facture réclame 411 euros pour l'autopsie pratiquée à l'époque. N'étant pas un acte obligatoire, elle est jugée à la charge des parents.

Ils ne veulent pas porter plainte 

La clinique estime qu'il s'agit du tarif en vigueur mais un avenant que la jeune femme s'est procurée stipule qu'une intervention comme celle-ci est chiffrée à 61,60 euros. Le tarif est confirmé par l'Assurance-maladie qui signale par ailleurs, le 28 août, que la procédure est remboursable. 

Entre temps, l'interlocuteur du couple a changé: c'est désormais une société de recouvrement qui les tance et les menace de poursuites. Finalement, alors qu'ils sont dans tous leurs états, un nouveau pli leur apprend la semaine dernière qu'ils ne doivent plus rien. Mais les Pantar ne reçoivent pas davantage d'explications. 

Alexandra Cittadibi, directrice générale de la clinique Saint-Jean, évoque une "erreur interne" due à la prise en charge de l'ensemble par le mauvais service et une automatisation de la facture. S'ils tenaient à témoigner, Ornella et Grégory Pantar ne veulent cependant pas porter plainte. 

Ils auront de toute façon la tête à toute autre chose très bientôt. Ornella attend un fils pour novembre. Elle ira accoucher à la clinique Santa Maria de Nice. 

Robin Verner