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Air cocaïne: les deux pilotes interpellés

Les deux pilotes ont été interpellés tôt ce lundi matin dans le cadre d'un mandat d'amener émis par la juge marseillaise qui instruit l'enquête française sur l'affaire Air cocaïne. "C'est pathétique", a dénoncé sur BFMTV l'un des avocats des accusés, Éric Dupond-Moretti.

Les deux pilotes français qui ont fui la République dominicaine où ils avaient été lourdement condamnés pour trafic de drogue étaient acheminés lundi matin par les gendarmes chez la juge marseillaise qui instruit l'enquête française sur l'affaire Air cocaïne.

Les gendarmes se sont présentés aux domiciles de Pascal Fauret, 55 ans, dans la banlieue de Lyon, et de Bruno Odos, 56 ans, en Isère, selon une source proche du dossier consultée par l'Agence France-Presse (AFP). Ils escortaient les pilotes dans le cadre de la mise en oeuvre d'un mandat d'amener de la part de la juge d'instruction.

Une procédure "surprenante"

Les gendarmes se sont présentés au domicile de Pascal Fauret, à 7 heures, a confirmé son avocat, Jean Reinhart, se disant "surpris" par la procédure choisie par la juge d'instruction marseillaise. "C'est un peu spécial", a-t-il souligné rappelant que son client, et l'autre pilote, Bruno Odos, avaient "dit à la juge et ensuite publiquement qu'ils étaient disposés à se rendre à une convocation" de la justice.

"Le mandat d'amener était inutile, c'est pour faire du spectacle", a-t-il noté.

L'avocat n'est pas certain que son client soit entendu dans la journée de lundi. "Dans le cadre d'un mandat d'amener, la juge a le temps, elle peut l'entendre demain". Me Reinhart a également jugé "pas impossible" que les pilotes puissent être placés en détention provisoire. Un mandat d'arrêt international a été lancé contre eux par la République de Saint-Domingue.

Les deux hommes étaient les pilotes d'un Falcon 50 intercepté en mars 2013 à l'aéroport de Punta Cana avec 680 kg de cocaïne à son bord. Ils ont été condamnés mi-août à Saint-Domingue à 20 ans de prison mais avaient été laissés libres en attendant leur procès en appel.

Des proches ont alors organisé dans le plus grand secret une opération d'exfiltration rocambolesque, par bateau puis par avion, et ils ont réussi à regagner la France fin octobre, assurant toutefois s'en remettre à la justice française pour prouver leur innocence.

Ils attendaient depuis d'être entendus par la juge marseillaise qui enquête depuis février 2013 sur un vaste trafic de drogue transatlantique.

la rédaction avec AFP