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Agression mortelle d'un couturier chinois: deux jeunes condamnés

Le tribunal de Bobigny.

Le tribunal de Bobigny. - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Dix et quatre ans de prison ferme, telles sont les peines reçues ce mardi soir par deux jeunes pour l'agression ayant entraîné la mort de Chaolin Zhang, un couturier chinois d'Aubervilliers.

Deux jeunes hommes ont été condamnés mardi à Bobigny à dix et quatre ans de prison ferme pour l'agression mortelle en 2016 de Chaolin Zhang, un couturier chinois d'Aubervilliers. Le premier, alors âgé de 19 ans et qui a reconnu avoir porté le coup ayant entraîné la mort de Chaolin Zhang, a été condamné à dix ans de réclusion. L'avocat général avait requis quinze ans à son encontre.

Le caractère raciste de l'agression retenu

Le deuxième, 17 ans à l'époque, a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme. Il a bénéficié de "l'excuse de minorité". Huit ans avaient été requis à son encontre. Les deux jeunes hommes étaient jugés à huis clos par la cour d'assises des mineurs de Seine-Saint-Denis, pour "vol avec violences ayant entraîné la mort" et, pour un ami de la victime qui avait lui aussi été frappé, une "incapacité totale de travail (ITT) de moins de huit jours". La circonstance aggravante de "racisme" a été retenue. 

Les avocats des parties civiles ont salué la décision de la cour de retenir cette circonstance aggravante. "C'est important pour les victimes et pour les autres victimes des faits du même genre", a déclaré Vincent Fillola, l'un des avocats de la famille.

Le 7 août 2016, les deux jeunes avaient, avec un troisième, agressé Chaolin Zhang, un père de famille de 49 ans, et son ami, lui aussi d'origine chinoise, pour s'emparer de la sacoche de ce dernier. Victime d'un violent coup de pied au thorax, Chaolin Zhang avait lourdement chuté au sol. Il était mort à l'hôpital quelques jours plus tard. La sacoche de son ami ne contenait en réalité qu'un chargeur de portable et quelques bonbons.

Après sa mort, des milliers de personnes avaient manifesté dans les rues de Paris et d'Aubervilliers pour dénoncer le "racisme anti-asiatique", des agressions à répétition et réclamer plus de sécurité.

R.V. avec AFP