BFMTV

Affaire Traoré: deux témoins clé auditionnés ce jeudi

Des manifestants lèvent un portrait d'Adama Traoré en son hommage, en juillet 2018 à Beaumont-sur-Oise. FRANCOIS GUILLOT / AFP

Des manifestants lèvent un portrait d'Adama Traoré en son hommage, en juillet 2018 à Beaumont-sur-Oise. FRANCOIS GUILLOT / AFP - THOMAS SAMSON / AFP

La dernière personne, hormis les gendarmes, à avoir vu Adama Traoré en vie est auditionnée ce jeudi par les juges d'instruction en charge de l'enquête sur sa mort en 2016 après son interpellation.

Ce sont deux auditions particulièrement attendues par le clan Traoré. Deux témoins sont entendus ce jeudi par les juges d'instruction en charge de l'enquête sur la mort de ce jeune homme le 19 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise, dans le Val-d'Oise, après son interpellation par des gendarmes. Ces deux témoins, un homme et une femme, devaient être entendus à l'automne dernier. Mais le premier ne s'étant pas présenté à la convocation, ces auditions ont été repoussées.

Les juges d'instruction vont consacrer toute leur journée à ces auditions, que la défense réclamait depuis le début de l'enquête. Le premier témoin est un homme chez qui Adama Traoré était venu se réfugier le jour de son interpellation. Ce 19 juillet 2016, lorsque les gendarmes viennent arrêter le frère d'Adama Traoré, le jeune homme de 24 ans prend la fuite. S'engage alors une course-poursuite au terme de laquelle Adama Traoré est interpellé dans la maison de ce témoin.

Bataille d'expertises

Lors de sa seule audition par les enquêteurs, cet habitant de Beaumont-sur-Oise avait décrit Adama Traoré comme mal en point. Lorsque le jeune homme frappe à sa porte, il est allongé au sol, il a de grandes difficultés à respirer. Et cet homme va alors appeler les gendarmes qui vont procéder à l'interpellation d'Adama Traoré. Une scène à laquelle n'assiste pas le témoin. La version de ce témoin, qui n'a jamais été entendu par les juges d'instruction parisiens, peut toutefois être déterminante alors que les deux parties se livrent à une bataille d'expertises.

La famille d'Adama Traoré estime que c'est le plaquage ventral, technique d'interpellation, qui est responsable de la mort du jeune homme, tandis que le dernier rapport médical réalisé à la demande de la famille confirme cette hypothèse. D'autres expertises médicales excluent quant à elles la responsabilité des gendarmes et pointent "un oedème cardiogénique", causé, semble-t-il par des pathologies antérieures.

"Cela pourrait invalider les expertises judiciaires médicales qui ont exonéré les gendarmes", tranche Me Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille d'Adama Traoré dans Le Parisien.

Contradiction

Selon la partie civile, le témoignage apporté par ce témoin par les enquêteurs était "totalement incohérent et mensonger". L'avocat estime que la première expertise médicale réalisée à la demande des juges dans ce dossier reposait sur les déclarations de cet homme. "Le témoin est contredit à cinq reprises par les éléments de la procédure", note encore Me Bouzrou, qui sera présent lors de cette audition comme l'avocat des gendarmes.

Le second témoin entendu ce jeudi est une femme. Cette dernière dit avoir assisté à la première tentative d'interpellation d'Adama Traoré. Elle est depuis revenue sur ses déclarations assurant être présente à la mairie lors de la scène. La justice a donc de nombreuses questions à lui poser pour savoir ce qu'elle a réellement vu ce 19 juillet 2016.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV