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Affaire du "porno soft" à Asnières: l'ancien maire relaxé

Justice (photo d'illustration)

Justice (photo d'illustration) - AFP

L'ancien maire était soupçonné d'avoir autorisé l'un de ses adjoints à tourner un film au sein de l'Hôtel de Ville provoquant une vive polémique au sein du conseil municipal.

L'ancien maire PS d'Asnières-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, soupçonné d'avoir autorisé gracieusement l'un de ses adjoints à tourner un film au sein de l'hôtel de ville, a été relaxé ce vendredi, dans le dernier épisode de l'affaire du "porno soft" qui avait secoué la municipalité en 2014.

Le tribunal correctionnel de Nanterre a relaxé Sébastien Pietrasanta ainsi que son ancien adjoint et réalisateur Julien Richard, qui avaient comparu le 17 octobre pour concussion et recel de ce délit. La mairie, depuis dirigée par le maire LR Manuel Aeschlimann, avait porté plainte contre Sébastien Pietrasanta en juillet 2014, estimant qu'il avait autorisé le tournage sans faire payer la redevance qui était due pour l'utilisation du domaine public.

Une vive polémique

Le court-métrage avait été, à l'époque, au coeur d'une violente polémique. Manuel Aeschlimann, tout juste élu, en avait diffusé certaines images en plein conseil municipal, accusant son prédécesseur d'avoir "dégradé" l'image de la ville "en tournant ce qu'il est commun d'appeler un film porno soft". 

Sébastien Pietrasanta, qui découvrait lui aussi les images, avait attaqué son successeur en diffamation et la justice lui a donné raison: Manuel Aeschlimann a été condamné en première instance puis en appel à 2.000 euros d'amende, aux côtés d'un autre élu et du journal Le Point.

"Je me réjouis de cette décision de justice mais cela ne lave pas complètement mon honneur", a réagi vendredi auprès de l'AFP Sébastien Pietrasanta. 

"Après 5 ans de procédure, on a une affaire qui a forcément laissé des traces, auprès de la population - même si j'ai arrêté la politique depuis plusieurs années - mais aussi des traces humaines, des blessures, parce que c'était une accusation extrêmement violente et que je pense qu'en politique tous les coups ne sont pas permis", a-t-il déclaré.

"Des poursuites tous azimuts"

Dans un communiqué, Julien Richard a vu dans ce jugement "une nouvelle déroute judiciaire pour le maire LR Manuel Aeschlimann, qui accable régulièrement son opposition de poursuites tous azimuts, et ce aux frais du contribuable asniérois".

Manuel Aeschlimann a quant à lui déclaré s'en remettre "aux réquisitions du parquet, qui considérait que l'infraction était bien constituée" et annoncé son intention de faire appel "dans l'intérêt de la ville et des Asniérois". A l'audience le 17 octobre, le ministère public avait requis une amende de 20.000 euros dont 15.000 avec sursis, estimant que la redevance aurait dû être payée mais que le préjudice financier était "faible" (4.500 euros) et que les faits n'étaient pas réitérés.

Cy.C avec AFP