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Koh Lanta: "Le retour à la réalité, c’est la dernière épreuve"

Trois des quatre finalistes de Koh Lanta, cette année.

Trois des quatre finalistes de Koh Lanta, cette année. - Capture d'écran - TF1

La finale de Koh Lanta était diffusée ce vendredi soir sur TF1. C'est Wendy qui a remporté l'aventure. Mais pour les candidats et anciens candidats que nous avons interrogés, l’épreuve la plus difficile reste le retour à la vie normale, après des semaines de privations et d’épreuves.

Ce vendredi soir, il n’en est resté qu’un. Ou plutôt une: c'est Wendy qui a remporté l'aventure. A l’issue de la finale de Koh Lanta, diffusée sur TF1 à 20h55, c'est elle qui a remporté les 100.000 euros. Si pour les téléspectateurs Koh Lanta a lieu maintenant, le tournage du jeu de survie s’est achevé il y a un an. Chacun a depuis repris ses activités. Ce retour à la vie normale est souvent difficile, et perçu comme une ultime épreuve, comme en témoignent les candidats que nous avons interrogés.

"J’ai vomi mes premiers repas"

Le manque le plus évident, c’est la nourriture. Les candidats finissent parfois le jeu avec un visage émacié et des côtes saillantes. Résultat, après plus d’un mois de régime noix de coco-poisson pêché soi-même, le rapport à la nourriture peut être compliqué. "La première chose que j’ai voulu faire en arrivant en France c’est manger un bon burger. J’ai été très affecté par le manque de nourriture… 40 jours c’est extrêmement long”, explique ainsi Gabriel, l’un des finalistes de cette saison. "Les premiers repas ont été difficiles: mon foie n’a pas supporté, j’ai eu des remontés acides et des brûlures. J’ai dû me rendre chez un médecin”. Jessica, de la saison précédente, raconte que les premières semaines, elle se "relevait la nuit pour manger".

Quant à Wendy, finaliste cette année, elle n’a “presque rien mangé sur l’île". "Donc en rentrant, mon corps assimilait très mal les aliments. J’ai dû réadapter mon estomac parce que tout comme Gabriel, j’ai eu des brûlures pendant plusieurs jours. En tout j’ai mis deux bons mois à me remettre de cette expérience". Alban, candidat en 2015 a perdu "9 kilos en 20 jours dans l’île".

"Il faut réapprendre à manger. J’ai vomi mes premiers repas et puis c’est passé au bout de quelques jours".

“Ils nous touchent, prennent des photos et tournent les talons”

Lorsque l’on a dormi plus d’un mois quasiment à la belle étoile, servi de quatre-heures aux moustiques, été rincé par la pluie, c’est dur de se réacclimater à une vie plus urbaine.

"On oublie vite que la réalité est bruyante. J’ai ressenti le besoin de m’isoler, d’être au calme, témoigne Wendy. Les premières semaines je suis restée chez moi, avec quelques proches. J’ai également dû changer mon rythme, parce que j’avais oublié comme tout allait vite”.

Ajoutez à cela une notoriété soudaine, même si elle arrive de façon décalée et le retour peut vite tourner au cauchemar. C’est au moment où il a commencé à être reconnu dans la rue que Gabriel a décidé de recourir à l’aide psychologique qui est proposée aux candidats. Il y a d’abord les “demandes de photos et d’autographes. Certains sont agressifs dans leur façon de nous aborder, explique-t-il. Ils nous touchent, prennent des photos et tournent aussitôt les talons”. 

La violence des internautes sur les réseaux sociaux en a aussi ébranlé certains. “Je savais que je pouvais faire l’objet de critiques sur les réseaux sociaux. Mais quand c’est arrivé cela m’a gênée”, confie Wendy. “Les premières critiques sont douloureuses”, confirme Alban.

"On m’a proposé d’écrire un livre"

L’autre défi, c’est de ne rien raconter à ses proches. Les candidats sont tenus au secret. Rien ne doit filtrer. "Les autres ne comprennent pas ce qu’on vient de vivre et le pire c’est qu’on ne peut pas leur raconter, évoque ainsi Alban. Alors je passais 3 à 4 heures par jour au téléphone avec les autres candidats. Ça a duré plus d’un mois".

Certains ont tissé des liens avec leurs camarades d’infortune. Bruno candidat en 2015 raconte qu’il a même "refait Koh Lanta" avec Marco et Chantal "sur l’île d’Yeu, avec activité pêche et nuits à la belle étoile". Après une période d’adaptation, ils ont repris le fil de leur vie, leur métier. Sans être touché par le syndrome téléréalité: ce soudain coup de projecteur sur eux n'a pas changé leur vie. 

Gabriel est toujours policier. "On m’a proposé d’écrire un livre sur mon aventure mais cela a déjà été fait par d’anciens candidats, alors je ne vois pas l’intérêt", explique-t-il. Bruno a participé à quelques séances de dédicaces mais veut surtout aider des associations ou soutenir des œuvres caritatives. Alban soutient, lui, l’association Courir pour Marie. "On veut aider au maximum et soutenir le plus de causes possibles et on est gênés de devoir parfois refuser parce qu’il est impossible de s’investir partout".