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5 choses à savoir sur le Centre Pompidou qui fête ses 40 ans

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- - Wikimedia Commons / Oh Paris

Saviez-vous, par exemple, que Dali n'avait pu assister à sa propre exposition en 1979 tant il y avait de monde?

Ses conduits multicolores sont connus dans le monde entier. Ses rétrospectives sont courues par le tout-Paris. Le Centre Pompidou fête ce 31 janvier 2017 ses quarante ans d'existence. L'occasion de revenir sur son histoire mouvementée.

Un musée et un centre de création

C’est à Georges Pompidou que l’on doit le centre Beaubourg. Grand amateur d’art moderne et contemporain, le deuxième président de la Vème République a souhaité construire ce bâtiment sur le plateau Beaubourg, non loin des Halles. C'est avec ces mots que George Pompidou a présenté dans Le Monde en février 1970 son projet: “Je voudrais passionnément que Paris possède un centre culturel comme on a cherché à en créer aux États-Unis avec un succès jusqu’ici inégal, qui soit à la fois un musée et un centre de création, où les arts plastiques voisineraient avec la musique, le cinéma, les livres, la recherche audiovisuelle.”

En 1971, un concours est lancé pour trouver l’architecte qui aura la chance et le privilège de bâtir ce nouveau temple des Arts parisiens. 681 projets seront proposés. Celui de Renzo Piano, de Richard Rogers et de Gianfranco Franchini avec les fameux conduits multicolores emporte la mise. Le chantier, entamé en 1974, s’achève en 1976. Le Centre ouvre ses portes le 31 janvier 1977. Lors du vernissage se pressent la princesse Grace de Monaco, la reine Fabiola de Belgique ou encore le poète Léopold Sédar Senghor.

Notre-Dame de la tuyauterie

Décrié au moment de son inauguration, le Centre Pompidou a longtemps été surnommé "Notre-Dame de la tuyauterie" par ses détracteurs, comme le remarque le Huffington Post, qui consacre un article à la signification des couleurs des tuyaux du centre. Comme l’écrivent nos confrères: "Les tuyaux bleus sont utilisés pour la climatisation, les verts représentent le circuit d'eau, les jaunes contiennent les gaines électriques, les blancs indiquent les tours de refroidissement, tandis que tout ce qui est rouge, ascenseurs et escaliers, symbolisent les liens de communication." Des conduits qui ont aussi été immortalisés au cinéma, notamment dans Seuls Two d’Eric et Ramzy.

Un restaurant nommé Georges

Décédé en 1974 des suites d’un cancer, George Pompidou n’a jamais vu le Centre qu’il avait imaginé. Son épouse, Claude, a autorisé que le restaurant du bâtiment, situé au dernier étage, soit renommé “Georges” en hommage à son défunt mari.

Jacques Chirac a toujours soutenu le Centre Pompidou

Des années avant de créer le musée du Quai Branly, Jacques Chirac fut un grand défenseur du Centre Pompidou. Après la mort de Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing a failli abandonner le projet, mais c’est Jacques Chirac, alors premier ministre, qui l’en a dissuadé, allant jusqu’à le menacer de démissionner. En échange, il a accepté de sacrifier le projet du Centre de Commerce International.

Jacques Chirac, selon Le Parisien, aimait beaucoup flâner dans les couloirs du musée. "Il venait tout le temps, à pied, sans prévenir, quand il était maire de Paris, souvent avec Bernadette", raconte une salariée au quotidien. "L'Hôtel de Ville était juste à côté. On ne savait jamais par quelle porte il allait arriver. Il était très prévenant avec le personnel. Sa phrase rituelle, c'était: 'Vous ai-je dit bonjour?'"

Dali, superstar du Centre Pompidou

Le musée parisien a célébré deux fois en ses murs le célèbre peintre espagnol. La première exposition, en 1979-1980, a rencontré un succès éclatant, attirant plus de 840.000 visiteurs. Depuis, aucune autre exposition n’a attiré autant de monde que celle-ci! Aucune, si ce n’est une autre consacrée à Dali, en 2012-2013, où se sont pressés 790.000 visiteurs. Anecdote amusante: il y avait tant de monde lors du vernissage de l’exposition en 1979 que Dali n'a pu pas visiter sa propre exposition! En 2013, l’exposition Dali fut ouverte 24 heures sur 24 lors des trois derniers jours pour permettre à tout le monde de découvrir les peintures du maître surréaliste.

Jérôme Lachasse