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Les YouTubeurs à suivre: Le Règlement analyse les textes de vos rappeurs préférés

Capture d'écran d'une vidéo du Règlement

Capture d'écran d'une vidéo du Règlement - YouTube

Sur sa chaîne Le Règlement, Max Brodi brise les clichés entourant le rap et analyse les textes, les postures et l'univers des artistes les plus influents de ces dernières années.

Les chaînes parlant de rap se multiplient sur YouTube. Parmi les pionniers, on retrouve celle du Règlement. Derrière, il y a un homme: Max Brodi. Le vidéaste, loin des “premières écoutes” plates qui fleurissent sur la plateforme, voue une véritable passion à l’analyse des albums et des artistes.

Grâce à un style empreint d’humour, émaillé de mèmes et de références, Le Règlement gratte le superficiel des meilleures mesures du rap français pour disséquer les univers des punchlineurs aux 600.000 membres de sa "mif". Il se paie même le luxe d’inviter les MCs à freestyler sur sa chaîne, dans une ambiance spatiale.

C’est qui ?

Derrière Le Règlement, il y a un jeune homme originaire du sud de la France, qui se fait appeler Max Brodi. Mordu complet de musique, il a grandi en écoutant énormément de hip-hop américain et de punk-rock. Jusqu’à la révélation en 2008, année où le rap français entre dans sa vie. Il cherche alors un moyen de partager sa nouvelle passion avec le plus grand nombre.

“J’avais envie de leur faire découvrir. C’est comme ça qu’a germé l’idée de faire des analyses qui permettent de vulgariser, ou en tout cas de faire connaître, les artistes qui me plaisent. Je me suis aussi dit que ce serait cool de pouvoir élargir les horizons en faisant du lien entre rap, littérature, films, les autres types de musique. Faire des liens entre plein de choses dont on ne parle pas forcément ensemble”, explique-t-il.

Il cherchait simplement à échanger sur le rap à ses débuts, et s’est finalement trouvé une véritable communauté, qui se réunit maintenant sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement Discord. Là-bas, les fidèles échangent des noms d'artistes et des sons encore méconnus. Les plus téméraires y vont même de leur petit freestyle, sur un canal dédié à la diffusion d’instrumentales.

C’est quoi ?

Sur sa chaîne, on retrouve trois types de vidéos. Ses analyses d’abord, qui représentent l’activité principale du Règlement. Le plus souvent, il décompose un album, comme “Deux Frères” de PNL. Mais il est également capable de s’attaquer à la vision globale d’un artiste comme VALD, ou bien d’étudier les influences d’un courant musical comme le rock sur le rap.

“Parfois je travaille sur un titre, parfois sur des mouvements musicaux. Parfois je fais des trucs plus transverses, comme une vidéo sur les Pokémon dans le rap. C’est vraiment pour aborder le rap mais sous des angles différents, partir d’un autre point de départ”, explicite-t-il.

Récemment, Max Brodi s’est lancé dans le documentaire. Son premier, suivant la conception d’une chanson avec autotune, est disponible depuis une semaine sur sa chaîne. “Il a été bien accueilli, je réfléchis à en faire d’autres”, confie-t-il.

Plus qu’un observateur, Le Règlement peut aussi être perçu comme un média à part entière. Grâce à deux saisons de freestyles, la chaîne a mis en lumière des rappeurs plus ou moins populaires. “C’est vraiment important pour moi de pouvoir apporter, maintenant que je l’ai, de la visibilité à des rappeurs qui n'en ont pas forcément”, assure Max Brodi. Et de la visibilité, il leur en donne jusqu’à la scène. Pour conclure chaque saison de freestyles, il convie les lyricistes sur scène, pour des concerts qui ont eu lieu à la Bellevilloise puis à la Machine du Moulin Rouge.

En parallèle, Le Règlement a longtemps été une radio, qui pourrait prochainement revenir à la vie mais sous une forme plus communautaire. Un projet sur lequel il réfléchit encore.

Ce qu’il faut voir

L’immanquable de sa chaîne, c’est assurément “LE RAP EST-IL SEXISTE? (4 pires clichés sur le rap)”. Pendant quinze minutes, Max Brodi s’attelle à démanteler les clichés autour du rap, comme la stupidité ou la vulgarité des paroles, en les comparant notamment aux textes de chansons populaires.

“C’est potentiellement ma meilleure vidéo, celle dont je suis le plus fier”, affirme-t-il. “Je prends les clichés un par un et je les démonte, afin que les gens puissent avoir des arguments pour dire que le rap est intéressant, un sujet qui peut apporter beaucoup, et pas juste des musiques stupides”.
Florian Huvier