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Cinéma

Téhéran "nous voit comme des criminels", dénonce le cinéaste Jafar Panahi

Le cinéaste iranien Jafar Panahi à Téhéran le 30 août 2010.

Le cinéaste iranien Jafar Panahi à Téhéran le 30 août 2010. - Atta Kenare - AFP

Artiste dissident, Jafar Panahi, l'un des cinéastes iraniens les plus primés, avait été arrêté puis condamné en 2010 à six ans de prison et 20 ans d'interdiction de réaliser ou d'écrire des films, de voyager ou même de s'exprimer dans les médias. Le 11 juillet, il a été de nouveau arrêté.

Le cinéaste Jafar Panahi, condamné à six ans de prison en Iran, accuse les autorités de son pays de considérer les cinéastes indépendants "comme des criminels", dans une lettre adressée au Festival de Venise, où il est en compétition pour le Lion d'or.

"Nous créons des oeuvres qui ne sont pas des commandes, c'est pourquoi ceux qui sont au pouvoir nous voient comme des criminels", dénonce le cinéaste dans cette lettre co-écrite avec son collègue Mohammad Rasoulof et dont l'Agence France-Presse (AFP) a obtenu ce dimanche une copie auprès du festival.

Artiste dissident, Jafar Panahi, l'un des cinéastes iraniens les plus primés, avait été arrêté puis condamné en 2010 à six ans de prison et 20 ans d'interdiction de réaliser ou d'écrire des films, de voyager ou même de s'exprimer dans les médias. Il continuait cependant à travailler et vivre en Iran.

Il avait été condamné pour "propagande contre le régime", après avoir soutenu le mouvement de protestation de 2009 contre la réélection de l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la République islamique.

"Nous sommes des cinéastes indépendants"

Le 11 juillet, Jafar Panahi a été arrêté à son arrivée au parquet de Téhéran pour suivre le dossier de Mohammad Rasoulof, détenu depuis le 8 juillet avec son collègue Mostafa Aleahmad.

"L'histoire du cinéma iranien témoigne de la présence constante et active de réalisateurs indépendants qui ont lutté contre la censure et pour garantir la survie de cet art. Parmi ceux-ci, certains se voient interdire de tourner des films, d'autres ont été contraints à l'exil ou réduits à l'isolement", poursuivent les deux cinéastes dans leur missive. "Nous sommes des cinéastes, des cinéastes indépendants", concluent-ils.

Jafar Panahi, en compétition cette année à Venise avec Les ours n'existent pas, a obtenu notamment un Lion d'or en 2000 pour Le cercle, et le Prix du scénario à Cannes en 2018 avec Trois Visages, trois ans après l'Ours d'Or à Berlin pour Taxi Téhéran.

C.Bo. avec AFP