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Le festival de Cannes vu par la presse hollywoodienne

"Variety" et "The Hollywood Reporter" publient des éditions locales durant toute la durée du festival

"Variety" et "The Hollywood Reporter" publient des éditions locales durant toute la durée du festival - -

Service médiocre, arnaques, vols, prostitution… la presse américaine pointe avec sévérité les mœurs de la côte d’Azur.

Lors de chaque festival de Cannes, les deux bibles de Hollywood, Variety et The Hollywood Reporter, se délocalisent sur la Croisette et réalisent une édition locale durant dix jours. Les deux journaux y expliquent aux californiens égarés sur la Riviera les mœurs étranges en vigueur sur la côte d’Azur. Ainsi, le Hollywood Reporter a prévenu ses lecteurs qu’un cheeseburger coûte 34 euros à l'hôtel Carlton, contre 4,05 euros au Monoprix.

Et Variety a donné une liste de conseils à ceux qui viennent pour la première fois à Cannes. D’abord, "ayez conscience que les repas sont lents. Les restaurateurs veulent que le repas soit une expérience, pas une course de vitesse". De même, "il n’y a pas de lait écrémé ou de décaféiné. Pas de doggie bag. Certains magasins sont fermés pour la sieste". Et dans la rue, "restez patient avec les gens qui marchent lentement avec leurs caniches. C’est leur ville, nous sommes juste des invités..." Enfin, "Cannes se prononces 'Can' et non 'Con'", ce qui signifie «escroc».

Vols de bijoux

Car chaque année, de nombreux professionnels sont victimes d’escroqueries, notamment de faux sites de réservations d’hôtel.

Mais cette année, la presse hollywoodienne s’est faite pour la première fois l’écho de multiples vols dont ont été victimes plusieurs professionnels de la profession. Ainsi, Zhang Qiang, le n°2 du China Film Group s’est fait voler tous ses effets personnels dans l’appartement qu’il louait à Pierre & Vacances. Il s’est plaint que le personnel de l’hôtel lui dise d’aller porter plainte lui-même, et d’avoir dû aller à Marseille refaire ses papiers. "La sécurité en France est si mauvaise, et les gens si arrogants...", a-t-il déploré.

Des vols dûs au chômage?

Pour sa part, Kevin Khanna, directeur général du CIT Group, a vu sa villa derrière le Majestic dévalisée. "La police m’a répondu qu’elle ne pouvait rien faire, que ces cambriolages arrivaient tout le temps, et que nous avions de la chance que personne n’ait été blessé", a-t-il déclaré. Enfin, le banquier Charles Heaphy s’est fait agresser à la gare. Selon lui, la police lui a aussi rétorqué qu’il avait eu la chance de ne pas avoir été poignardé…

Et bien sûr, la presse hollywoodienne s'est faite l'écho du vol au Novotel d'un million d'euros de bijoux Chopard dans la nuit du 16 au 17 mai. 

Dès l'ouverture du festival, Variety avait d'ailleurs souligné "la récente hausse de la criminalité à Cannes", rappelant dans la même phrase que "le taux de chômage en France est à un record historique"…

Les tarifs des "putes de luxe"

Autre première: The Hollywood Reporter a mené une grande enquête sur la prostitution durant le festival. Tout y est décrit minutieusement. D’abord, les tarifs: de 50 dollars l’heure à 4.000 dollars la nuit pour une "pute de luxe" (en français dans le texte), voire même 40.000 dollars la nuit si le client est un riche émir venu du Golfe.

Ensuite, le mode opératoire: à partir de 22 heures, les prostituées attendent dans le lobby de l’hôtel, le client vient faire son marché, et indique discrètement son numéro de chambre à la fille choisie. Le client peut aussi s’adresser au concierge de l’hôtel, qui sert d’intermédiaire. "Selon des sources hôtelières, 100 à 200 prostituées entrent et sortent des grands hôtels chaque jour durant le festival", indique l’article.

"Drogue, alcool et belles filles"

Enfin, le journal a interviewé un homme d’affaires libanais, Elie Nahas, condamné par la justice française, qui raconte: "chaque année, durant le festival, il y a 30 ou 40 yachts de luxe dans la baie de Cannes, qui appartiennent chacun à un homme très riche. Sur chaque bateau, il ya environ 10 filles. C’est drogue, alcool et belles filles. Les filles attendent toutes leur enveloppe [remplie d’argent liquide] à la fin de la soirée. Cela dure depuis 60 ans…".

De notre envoyé spécial à Cannes et Jamal Henni