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Dans les coulisses du Grand Méchant Renard, le film pour enfants de l'été

détail de l'affiche du Grand Méchant Renard et autres contes

détail de l'affiche du Grand Méchant Renard et autres contes - Copyright FOLIVARI / PANIQUE!/ STUDIOCANAL / RTBF (Télévision belge) - OUFtivi / VOO / Be tv

ENTRETIEN - Présenté au Festival d’Annecy, le dessin animé Le Grand Méchant Renard et autres contes sort dans les salles ce mercredi 21 juin. Ce petit bijou d'animation signée Benjamin Renner raconte les mésaventures d’animaux aussi maladroits que touchants.

Cinq ans après Ernest et Célestine (César du meilleur film d’animation en 2013), Benjamin Renner revient avec Le Grand méchant renard et autres contes, collection de trois courts métrages co-réalisés avec Patrick Imbert. Renner adapte ici sa propre BD, parue en 2015 chez Delcourt, ainsi que deux autres histoires situées dans le même univers.

Présenté au Festival international du film d'animation d'Annecy, Le Grand Méchant Renard et autres contes sort sur grand écran ce mercredi 21 juin. A cette occasion, Benjamin Renner et Patrick Imbert ont accepté de commenter quatre scènes de leur film.

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Le théâtre

Benjamin Renner: "Didier Brunner [producteur de Kirikou et d’Ernest et Célestine, NDLR] m’a proposé d’adapter Le Grand Méchant Renard en long-métrage. Je trouvais la BD trop courte et pas assez dense pour tenir sur une heure et demie. J’ai proposé l’idée de le faire en 26 minutes. Quand on a commencé la production, Didier Brunner a proposé de mettre en scène deux autres courts métrages pour avoir comme une petite collection. J’ai accepté, à condition que quelqu’un d’autre réalise les deux autres films. C’est là qu’est intervenu Patrick, qui s’occupait au départ de l’animation, comme sur Ernest et Célestine. Il a fallu trouver une astuce pour relier les histoires courtes. Comme il y a des histoires avec et sans le Grand Méchant Renard, j’ai eu l’idée d’ajouter ce théâtre, comme si mes personnages formaient une troupe. En enregistrant les voix, on a beaucoup travaillé avec une directrice de casting, Céline Rontet, qui vient du théâtre. Grâce à elle, on a beaucoup appris sur le jeu d’acteur."

Patrick Imbert: "Le théâtre s’est invité dans notre travail d’une manière inattendue. On s’est aperçu que la manière de jouer la comédie que l’on voulait s’approchait un peu plus de celle du théâtre que des dessins animés. Une fois les dialogues écrits, on en discutait avec Céline Rontet, qui les lisait à voix haute et les jouait. Elle nous faisait remarquer quand elle n’arrivait pas à les lire. Elle a apporté une forme plus parlée, plus efficace. Ce travail s’est poursuivi avec les comédiens et a pas mal influencé le résultat. Comme on a animé une fois les voix enregistrées, le film a profité de cette efficacité des dialogues."
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Les personnages

B.R.: "Ces personnages m’accompagnent depuis l’adolescence. Ce sont des personnages que je dessinais pour expliquer à mes frères et sœurs pourquoi je ne leur ferais pas de cadeaux de Noël ou d’anniversaire. Je leur dessinais des BD expliquant que les cadeaux avaient été oubliés. Tous les personnages sont nés à ce moment-là. Un jour, j’en ai fait une vraie BD avec le canard, le cochon et le lapin. C’était la première histoire du film, celle du bébé, que j’ai écrite à l’origine pour mon frangin. Le personnage du Renard est apparu ensuite. L’idée de ce personnage est un peu autobiographique. C’est en finissant la BD que je m’en suis rendu compte. Enfant, j’essayais d’atteindre l’image du mec viril que je voyais dans les séries et les films. Puis, à la fin de l’adolescence, j’ai lâché l’affaire. Pour moi, le renard représente ce passage à l’adolescence. Il essaye d’être un renard, d’être méchant, avant de comprendre qu’il n’est pas fait pour cela." P.I.: "On voit plus dans le film le canard et le lapin que le Grand Méchant Renard parce qu’il y a deux petits films sur eux. Mais le projet s’est monté sur le Renard." BR: "Je voulais que le film ait un autre titre. A l’origine, une chouette devait raconter ces histoires. Je voulais appeler le film Les Contes de la Chouette ou Les Animaux de la ferme du Val Fleury, mais les distributeurs ont préféré garder Le Grand Méchant Renard. C’est pour cela que j’ai fait du Grand Méchant Renard le Monsieur Loyal de la pièce de théâtre, pour qu’il soit un peu plus présent dans le film."

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La réalisation

P.I.: "On ne souhaite pas s’adresser qu’aux enfants, mais à tout le monde. Notre mise en scène est épurée pour aller à l’essentiel. On ne se dit pas qu’on va faire simple. On part du constat inverse en se demandant pourquoi faire compliqué. Si quelque chose marche sans changer la caméra de place, on ne la change pas de place." B.R.: "C’est comme dans la BD. J’ai une logique de dessin où je m’arrête lorsqu’on comprend le personnage. Je ne vais pas ajouter plus de détails qu’il n’en faut. Et cela a un écho sur la mise en scène de cinéma." P.I.: "Cela laisse aussi une place à l’animateur. Si on reste sur le même cadrage, on peut développer le jeu. Le personnage peut s’exprimer. Il va bouger dans l’espace. C’est Benjamin qui a réalisé pour l’ensemble du film toutes les poses de référence des personnages, ce qu’on appelle le layout posing. Il a tout fait pour s’assurer que quelle que soit la pose d’un personnage, celle-ci corresponde à son style graphique. On a travaillé assis l’un à côté de l’autre. Le dialogue était permanent. Quand il y avait une question, un doute, il n’y avait qu’à tourner l’écran. Mon souci était de savoir si on respectait son oeuvre. Et Benjamin a été très bienveillant. Comme il avait déjà réalisé Ernest et Célestine, il savait ce qu’une adaptation représente comme soucis."

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Le loup et les poussins

B.R.: "Je voulais que le loup soit moins méchant, comme dans la BD, mais je me suis rendu compte que j’avais besoin de scènes plus longues pour créer un personnage aussi ambigu. Le rendre plus méchant, comme dans les contes de fées, m’a permis de le mettre un peu de côté et de me concentrer sur le Grand Méchant Renard et sa relation avec les poussins, qui est beaucoup plus forte que dans la BD. C’est au fur et à mesure de la production, en côtoyant les enfants qui les ont doublés, que la personnalité des poussins s’est affermie. Graphiquement, je me suis aussi inspiré des enfants du Marsupilami, qui ont chacun des signes distinctifs."

Jérôme Lachasse