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Ce nouveau dispositif va renforcer la couleur des films au cinéma

Le Megarama - Bordeaux

Le Megarama - Bordeaux - Karel Broz

Un nouveau procédé restitue avec beaucoup de précision et de finesse l’image et les couleurs d’un film. Le groupe Ymagis, à l’origine de cette technologie, espère bien renouveler l’expérience des spectateurs dans les salles obscures.

Le futur du cinéma passera-t-il par l’EclairColor? C’est bien ce qu’espère le groupe Ymagis, spécialisé dans les technologies numériques pour l’industrie du cinéma. Son directeur général, Jean Mizrahi, a présenté jeudi 24 novembre au Gaumont Marignan ce nouveau procédé dont l’ambition est de "renouveler techniquement, mais aussi visuellement, l’expérience des salles de cinéma."

Depuis quelques années, celles-ci cherchent de plus en plus à séduire des spectateurs gavés de séries TV en proposant des expériences uniques. Ce fut le cas en janvier dernier au Gaumont Marignan, où Les Huit Salopards a été projeté en 70mm Ultra Panavision, un format qui n'est plus utilisé depuis 1966. Ang Lee a récemment proposé dans une poignée de salles américaines son dernier film, Un jour dans la vie de Billy Lynn, en 128 images par seconde (contre 24 pour les films standard).

Proposant "plus de lumière, plus de couleurs, plus de contraste, plus de définition, plus de profondeur, plus de densité et de détails" dans les images, le procédé EclairColor, lui, a été avant tout pensé pour s’adapter à toutes les économies, pour les petits comme pour les grands budgets. Le premier film à avoir appliqué cette technologie est Aquarius de Kleber Mendonça Filho, un film d’auteur brésilien présenté en compétition lors du dernier Festival de Cannes: 

"Cette technologie n’est pas réservée à des blockbusters américains, contrairement au HDR [technique qui permet d'obtenir une grande plage dynamique dans une image, ndlr] qui est principalement orienté sur des salles de cinéma très chères pour des contenus de studios américains", précise Jean Mizrahi. "Nous sommes dans une approche complètement différente: EclairColor est un matériel standard, à un prix accessible pour n’importe quel exploitant de salle. La préparation du film n’est pas non plus très coûteuse: moins d’1 % du coût de production d’un film", indique-t-il avant d’assurer: "C’est une technologie accessible qui va se démocratiser". Et qui reste avant tout une décision du chef opérateur et du réalisateur du film.

La démonstration commence avec la bande-annonce de The Neon Demon, sorti en mai dernier après une présentation au Festival de Cannes. Les couleurs très stylisées du dernier film de Nicolas Winding Refn sont restituées avec beaucoup plus de précision et de finesse que dans la version standard. Suivent des scènes de Belle et Sébastien: L'aventure continue (2015). Les montagnes, les fleurs, les blancs du poil de Belle gagnent en volume et en profondeur. Le spectateur peut admirer dans chaque plan la richesse des textures de peau, du bleu du ciel et de la mer ou du blanc de la neige. Pour un film pop comme Brice 3, le résultat est saisissant. Idem pour la bande-annonce de Tout là-haut, comédie avec Kev Adams dont l'action se déroule dans l'Everest (sortie prévue le 20 décembre 2017).

Actuellement, 14 salles dans 11 cinémas en France disposent de ce nouveau procédé. Et de plus en plus de films sont disponibles en EclairColor. "Actuellement, on a des films tous les quinze jours. Notre ambition c’est qu’il y en ait au moins un toutes les semaines", indique Jean Mizrahi. Il y a eu Le Voyage au Groenland de Sébastien Betbeder le 30 novembre. Bientôt suivront Personal Shopper d'Olivier Assayas le 14 décembre puis Dalida de Lisa Azuelos le 11 janvier. EclairColor se développe également en Allemagne, en Espagne, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, où une démonstration a été faite devant les plus grands studios hollywoodiens.

Jérôme Lachasse