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Bad Buzz: colère de la presse et flop en salles, le difficile démarrage du film d'Éric et Quentin

Éric et Quentin, en plein "Bad Buzz"

Éric et Quentin, en plein "Bad Buzz" - Capture d'écran Youtube - Bandes Annonces Cinéma

Les deux compères de Quotidien, appréciés du public sur le petit écran, ne prolongent pas leur succès sur le grand. Presse et spectateurs sont unanimes: Bad Buzz, leur premier film, ne convainc pas.

Un essai pas franchement transformé pour Éric Metzger et Quentin Margot, les deux comiques du duo Éric et Quentin de TMC. Une semaine après sa sortie en salles, le 21 juin, Bad Buzz affiche un nombre d'entrées peu reluisant: le premier long-métrage mettant en scène les deux humoristes de Quotidien n'a attiré que 41.548 personnes selon le site Jp's Box-Office. La presse, quant à elle, évoque 25.469 entrées pour 272 copies. 

La comédie du réalisateur Stéphane Kazandjian voit les deux acteurs tenter de redorer leur blason après un malentendu retentissant sur les réseaux sociaux. Un pitch qui semble adapté à une comédie enlevée mais qui ne passionne pas les foules et fait l'objet d'une violence rare de la part des critiques, notamment à cause d'un faux-pas stratégique avant son lancement en salles. 

Se moquer sans risque

Deux jours avant la sortie du film, les deux humoristes publient une vidéo intitulée La Presse en parle sur les réseaux sociaux. Comme ils l'ont déjà fait dans l'émission de Yann Barthès, Éric et Quentin y singent les journalistes de différentes rédactions, imaginant leurs critiques du film. Bretelles et bonnets hipsters pour Libération, chemise et pull noué au cou pour Le Figaro, cheich et coupes amples chez Télérama.

Des caricatures qui font peu rire, d'autant que les journalistes n'ont pas le droit de renvoyer l'ascenseur: comme le rapporte cette dernière publication, aucune projection presse n'a été organisée. "Auriez-vous peur que la presse en parle vraiment, de votre film?" s'interroge le journaliste. Quelques jours plus tard, c'est chose faite. 

"On comprend bien pourquoi on nous a empêchés de voir la chose"

Le retour de bâton est difficile: alors qu'il collecte une moyenne d'1,2 étoiles sur 5, note attribuée par le public sur Allociné ("L'humour est également assez gênant la plupart du temps", commente une spectatrice déçue), les professionnels ne sont pas plus tendres. Au Figaro, on évoque le "très mauvais buzz de Bad Buzz". Chez Télérama, on parle d'un film "entre spectacle de CM2 et 'politiquement incorrect' pour les nuls": 

"On comprend bien pourquoi on nous a empêchés de voir la chose. Ce n'était pas une punition, c'était une sorte de faveur", ironise le journaliste.

De son côté, Europe 1 relève les soupçons de fraudes aux notes sur Allociné, par le biais de faux comptes créés le jour de la sortie chantant les louanges du film. Parce que le loupé n'était pas total, Slate qualifie certains gags d'handiphobes. De fait, Bad Buzz s'inscrit déjà dans la lignée des comédies françaises accusées d'hostilité envers différentes minorités, à l'image de GangsterdamSi J'étais un homme ou À bras ouverts. Les entrées ne sont pas là, mais le Bad Buzz est atteint. 

Benjamin Pierret