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Vitry-sur-Seine: ce que l'on sait sur l'attaque du commissariat, ciblé par des cocktails Molotov

Le commissariat de Vitry-sur-Seine a fait l'objet de jets de cocktails Molotov.

Le commissariat de Vitry-sur-Seine a fait l'objet de jets de cocktails Molotov. - BFMTV

Une vingtaine de personnes vêtues de noir et cagoulées ont assailli le bâtiment et des policiers de projectiles dans la nuit de dimanche à lundi.

Ils s'étaient parés de noir et cagoulés pour ne pas être reconnus. Une vingtaine d'individus ont pris pour cible le commissariat de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) pendant 45 minutes dans la nuit de dimanche à lundi.

• Que s'est-il passé?

Les faits se sont déroulés vers 1h du matin. Quatre cocktails Molotov ont été lancés sur le bâtiment et le parking, dont certains sont restés bloqués dans les filets anti-projection protégeant l'enceinte. Selon la police, aucun dégât n'a été constaté.

Plusieurs policiers en poste ont tenté d'intervenir pour procéder à des interpellations. Ils ont essuyé une pluie de mortiers d'artifice, tirés en direction de l'entrée du commissariat. Un de ces projectiles a atterri dans l'habitacle d'un véhicule de la Brigade anticriminalité (Bac) avant d'exploser. 56 impacts ont été relevés.

La préfecture de police ne fait état d'aucun blessé. "Cela aurait pu être dramatique", insiste néanmoins une source policière.

• Une attaque coordonnée?

Une enquête a été ouverte pour "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique", "dégradations" et "actes d'intimidation". La sûreté départementale du Val-de-Marne en a été saisie.

Une personne a été placée en garde à vue dans le cadre de cette affaire, affirme le parquet de Créteil, lequel précise que "les investigations ne font que débuter". Le suspect pourrait être déféré dans l'après-midi ou la soirée.

Le soir de l'attaque, deux engins incendiaires ont été découverts à proximité du commissariat, de même que plusieurs mortiers d'artifice. Sur place, les policiers ont également identifié un dispositif artisanal, avec un mortier d'artifice coincé dans une barrière de manière à constituer à la fois une barricade et un lanceur d'engins en direction des forces de l'ordre.

Les premiers éléments de l'enquête laissent à penser que l'attaque était coordonnée et minutieusement préparée. Le parquet souligne toutefois que toutes les hypothèses restent sur la table à ce stade.

• Une attaque en représailles à une interpellation?

Plusieurs sources indiquent à notre antenne que cette attaque a été perpétrée en représailles à une interpellation "mouvementée", selon les termes du maire.

Des policiers qui circulaient ce week-end dans la cité Lucien-Français -connue pour être un point de deal- ont été pris à partie par des individus et ont notamment essuyé des insultes.

Ils sont sortis de leur véhicule et ont procédé à l'arrestation d'un homme pour "outrage" et "rébellion". Des heurts "se sont ensuite répétés jusqu'à l'attaque du commissariat", précise l'édile.

Pour "aider à l'apaisement", trois camions de CRS ont été déployés à Vitry-sur-Seine, selon Pierre Bell-Lloch.

Mais, constatant que "ce n'est pas la première fois que ça arrive" et que les policiers sont "bien souvent moins nombreux que les personnes qu'ils ont en face", ce dernier appelle le ministère de l'Intérieur à renforcer les effectifs de police affectés à la ville.

L'édile estime néanmoins que la présence policière n'est pas le remède à tous les maux. Il aimerait ainsi que la "prévention auprès de nos jeunes" soit intensifiée. Car "pour la population, c'est difficile à vivre".

Vincent Vantighem avec Florian Bouhot