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Seine-Saint-Denis: un policier renvoyé devant la justice pour injures racistes en interpellation

Policiers. (Photo d'illustration)

Policiers. (Photo d'illustration) - DENIS CHARLET

Sur une vidéo tournée en avril lors d'une interpellation à l'Ile-Saint-Denis, un policier semble tenir des propos racistes à l'encontre de l'homme interpellé, un Egyptien de 27 ans.

Un policier mis en cause lors d'une interpellation d'un homme en Seine-Saint-Denis en avril, dont la vidéo diffusée en ligne avait suscité l'indignation, est renvoyé devant la justice pour injures à caractère raciste, a indiqué mercredi le parquet de Bobigny.

Le fonctionnaire, qui fait partie des effectifs de nuit de la Direction territoriale de la sécurité publique des Hauts-de-Seine, comparaîtra le 4 mars 2021 devant le tribunal correctionnel de Bobigny.

Des soupçons de violences sur l'homme interpellé

Le 26 avril vers 1h30 du matin, des policiers avaient interpellé à l'Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) un homme soupçonné de vol de matériel sur un chantier et qui avait tenté de prendre la fuite en se jetant dans la Seine, selon des sources policières.

"Un bicot comme ça, ça nage pas", entend-on dans une vidéo diffusée sur Twitter par le journaliste du média en ligne "Là-bas si j'y suis", Taha Bouhafs, et visiblement filmée après que les fonctionnaires ont sorti l'homme du fleuve. "Ha! ha! ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied", est-il ajouté.

Sur d'autres images diffusées sur Twitter, on entend les policiers rire et des bruits sourds venant du fourgon dans lequel l'interpellé, un Égyptien âgé de 27 ans, semble pousser des cris.

Une enquête pour injures à caractère raciste et violences par personne dépositaire de l'autorité publique avait été ouverte et confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Le parquet de Bobigny a indiqué à l'AFP "ne pas exercer de poursuites en ce qui concerne la suspicion de violences policières, l'infraction ne paraissant pas suffisamment caractérisée".

"Cette poursuite n'aurait jamais pu avoir lieu sans la vidéo"

Le préfet de police de Paris avait demandé la suspension de deux policiers mis en cause, qui avaient reconnu être les auteurs des propos.

"Nous sommes satisfaits des poursuites pour insultes à caractère raciste", a réagi auprès de l'AFP l'avocat de l'homme interpellé, Me Arié Alimi, assurant néanmoins vouloir "faire citer les autres policiers pour violences en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique".

"Cette poursuite n'aurait jamais pu avoir lieu sans la vidéo" et avec "la nouvelle loi de sécurité globale" actuellement en débat au parlement, a-t-il également souligné.

Les députés ont entamé mercredi l'examen en commission d'une proposition de loi LREM-Agir sur la "sécurité globale" dont certaines dispositions, comme la pénalisation de l’usage malveillant de l’image des forces de l'ordre, suscitent la controverse. 

Juliette Mitoyen avec AFP Journaliste BFM Régions