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Propos racistes après une interpellation: le préfet de police de Paris demande la suspension de deux policiers

Les chiffres publiés le 19 avril se basent sur le nombre de dépôts de plainte.

Les chiffres publiés le 19 avril se basent sur le nombre de dépôts de plainte. - AFP

Leurs propos ont été filmés dans la nuit de samedi à dimanche, après une interpellation en banlieue parisienne. La vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, a suscité l'indignation, notamment dans la sphère politique.

Didier Lallement, le préfet de police de Paris, a demandé ce lundi la suspension des deux policiers mis en cause pour avoir tenu des propos racistes après une interpellation en banlieue parisienne dans la nuit de samedi à dimanche, a appris BFMTV auprès de la préfecture de police de Paris. Leurs propos ont été filmés, et la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Le préfet de police, en accord avec le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, en a fait la demande au Directeur général de la police nationale.

Selon une source policière contactée par l'AFP, ces deux agents ont reconnu être les auteurs des propos incriminés tenus à l'encontre d'un suspect, qualifié de "bicot".

L'IGPN saisie de deux enquêtes

Dans cette affaire, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, "la police des polices") a été saisie de deux enquêtes, l'une judiciaire ouverte par le parquet de Nanterre, l'autre administrative à la demande du préfet de police.

Dimanche, vers 1h30 du matin, des policiers avaient interpellé à l'Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) un homme soupçonné de vol de matériel sur un chantier et qui avait tenté de prendre la fuite en se jetant dans la Seine, selon le récit de sources policières.

"Un bicot comme ça, ça nage pas", entend-on dans une vidéo diffusée par le journaliste Taha Bouhafs et visiblement filmée après que les fonctionnaires ont sorti l'homme de la Seine. "Haha ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied", est-il ajouté.

"Le racisme n'a pas sa place dans la police"

La diffusion de la vidéo dimanche sur Twitter a provoqué l'indignation de plusieurs personnalités de l'opposition de gauche et la réprobation de Christophe Castaner.

Le ministre de l'Intérieur a évoqué sur Twitter "une indignation légitime" et promis de faire "toute la lumière" sur les faits. "Le racisme n'a pas sa place dans la police républicaine", a-t-il ajouté.

Florian Bouhot avec Mélanie Vecchio et AFP