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Pass Navigo: le Sénat rejette l'augmentation des recettes d'Ile-de-France Mobilités

L'hémicycle du Sénat, à Paris, photographié le 23 février 2022

L'hémicycle du Sénat, à Paris, photographié le 23 février 2022 - Alain JOCARD © 2019 AFP

Ce mercredi soir, le Sénat a rejeté l'augmentation des recettes d'Ile-de-France Mobilités, ce qui signifie qu'un pass Navigo à 90 euros par mois est de plus en plus probable.

Vers un pass Navigo à 90 euros? Comme annoncé ce mardi, le prix du pass Navigo va bien augmenter dès le 1er janvier 2023. Il ne devrait toutefois pas atteindre la barre symbolique des 100 euros, comme cela était redouté.

Deux possibilités ont été évoquées cette semaine: une légère augmentation pour arriver à 80,80 euros par mois ou une augmentation qui ferait passer le tarif mensuel à 90 euros. Afin de permettre de limiter l'augmentation du prix du pass navigo, Valérie Pécresse, président d'Ile-de-France Mobilités, attend notamment un geste de l'Etat et un financement supplémentaire dans le projet de loi de finances 2023 actuellement en débat au parlement.

La présidente de la région francilienne souhaite que le versement mobilité soit lui aussi revu à la hausse de 7,5%, une disposition que seul le gouvernement peut prendre. Si le versement mobilité, une taxe pesant sur les entreprises de plus de 11 salariés pour financer les transports, n'augmente pas, "c'est le pass à 90 euros" dès 2023, a-t-elle insisté.

Un appel "à la responsabilité" du gouvernement

Or le Sénat a rejeté ce mercredi soir toute augmentation des recettes d'Ile-de-France Mobilités, "malgré la grave situation que connaît l'autorité organisatrice des transports", annonce le groupe communiste à la région Ile-de-France.

"Ces amendements viennent d’être rejetés par la droite sénatoriale avec un avis défavorable du Gouvernement", détaille le communiqué.

Réclamée à gauche, cette augmentation a divisé la majorité sénatoriale de droite. Les propositions d'une augmentation de 5% avancées par les sénateurs LR Philippe Tabarot et centriste Vincent Capo-Canellas ont finalement été repoussées par 121 voix "pour" et 208 voix "contre", rapporte l'AFP.

"On ne doit pas se mettre d'accord sur le dos des entreprises, qui financent à 50% la mobilité transport, parce que personne ne veut entamer le dialogue", a protesté Philippe Dominati (LR).

La présidente de région a évalué à 950 millions d'euros les surcoûts d'exploitation des transports franciliens en 2023 en raison de l'explosion prévisible des tarifs de l'électricité. En parallèle est pointée une offre dégradée en raison de défaillances des opérateurs.

"On parle de la vie quotidienne de millions de personnes, au risque d'accidents et même de jacqueries", a alerté l'écologiste Daniel Breuiller.

"Les normes pour les bêtes ne sont pas respectées", a renchéri Sébastien Meurant (LR).

Sur le banc des accusés, le gouvernement. "Ce que je regrette dans tout ça c'est qu'on a l'impression que l'Etat est ailleurs", a déclaré Roger Karoutchi (LR), souhaitant qu'une partie des avances remboursables consenties face au Covid-19 IDFM se transforment en dotations.

"Vous ne pouvez pas que garder la responsabilité de nommer le PDG de la RATP, de nommer le PDG de la SNCF, mais en parallèle de ne pas financer", a-t-il ajouté.

Vers une hausse de 15 euros par mois

Le groupe de gauche, qui charge également la politique de Valérie Pécresse, prévient que "la hausse sera très vraisemblablement proche de 15 euros par mois, sans nouveau dispositif d’urgence d’ici le 7 décembre 2022".

Le groupe en appelle "à la responsabilité du Gouvernement et à la Première ministre". Les élus régionaux de gauche souhaitent organiser un rassemblement contre la hausse du prix du pass Navigo, le 7 décembre prochain à 9 heures, devant l'hôtel de Région où sera votée la hausse tarifaire.

Alicia Foricher