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Orly: il n'y aura pas de procès pour l'attaque terroriste de militaires en 2017

La tour de contrôle de l'aéroport d'Orly

La tour de contrôle de l'aéroport d'Orly - Jean-Pierre Clatot - AFP

En mars 2017, un assaillant avait tiré sur des policiers puis pris en otage un militaire à l'aéroport d'Orly avant d'être abattu. Les autres suspects du dossier ont été innocentés.

Il n'y aura pas de procès pour l'attaque contre des militaires en 2017 à l'aéroport d'Orly. Si les juges d'instruction ont finalement retenu la motivation terroriste de l'assaillant, abattu à l'époque, ils ont innocenté les deux seuls suspects du dossier.

Le 18 mars 2017 au petit matin, au sortir d'une nuit alcoolisée, Ziyed Ben Belgacem tirait sur des policiers lors d'un contrôle routier dans le nord de Paris. Ce Français d'origine tunisienne de 39 ans prenait ensuite la fuite pour se réfugier dans un bar de Vitry-sur-Seine où il avait ses habitudes et dont il menaçait les clients.

Il dérobait ensuite un véhicule avant de se rendre à Orly. Dans le hall Sud de l'aéroport, il prenait alors en otage, l'espace d'une poignée de minutes, une militaire de l'opération Sentinelle et lui dérobait son fusil d'assaut, en se disant prêt à "mourir pour Allah".

Ziyed Ben Belgacem était finalement abattu par l'un des deux autres soldats de la patrouille après avoir blessé, légèrement, plusieurs personnes au cours de son périple.

Les motivations floues de l'assaillant

La nature terroriste de ses motivations a fait, dans ce dossier comme dans d'autres soumis à la justice antiterroriste, l'objet d'un long débat, comme le rappellent les deux juges saisis du dossier dans leur ordonnance signée mardi dont l'AFP a eu connaissance.

D'après leurs investigations, l'agresseur né en 1978 à Paris était au moment des faits sous l'emprise de l'alcool, du cannabis, mais aussi d'une "forte dose de cocaïne". Son entourage proche a indiqué ne pas lui connaître de pratique religieuse assidue.

Un "profil hybride de voyou radicalisé"

Au vu de ces éléments, le parquet national antiterroriste avait qualifié dans un réquisitoire définitif fin mai d'"indéterminées (...) les motivations réelles de Ziyed Ben Belgacem".

Sans exclure que "d'autres ressorts aient pu l'animer", parmi lesquels "son souhait d'en finir de manière théâtrale", les juges d'instruction tranchent eux en faveur d'une inspiration terroriste pour cette attaque, étant donné la cible (policiers puis militaires), le mode opératoire, et ses cris répétés "faisant référence à Allah".

Ils soulignent aussi que les services de renseignement avaient noté que Ben Belgacem "fréquentait des individus signalés" pour radicalisation, et que l'intéressé avait aussi été signalé "en détention dès 2012".

Pour eux, l'assaillant d'Orly incarne "l'une de ces nouvelles figures du terrorisme islamiste contemporain (...) dont les motivations dans le passage à l'acte (...) ne sont pas monolithiques mais multiples et imbriquées", écrivent-ils. Et de résumer: il s'agit d'un "profil hybride de voyou radicalisé".

Avocate de deux parties civiles et de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT), Me Géraldine Berger-Stenger s'est dit "positivement surprise" du caractère terroriste retenu par les juges: "C'est ce que mes clients ont toujours pensé".

Juliette Mitoyen avec AFP