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Évacuation de migrants à Paris: Rachida Dati juge les images "choquantes"

La maire du 7e arrondissement estime cependant que le préfet de police "a fait le travail qu'on lui demande", et que la mairie centrale "a une responsabilité".

Des "images choquantes": c'est par ces mots, les mêmes que ceux employés par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, que la maire du 7e arrondissement de Paris Rachida Dati a décrit l'évacuation violente par la police, lundi soir, de 500 migrants installés sur la place de la République.

"Évidemment que les images sont choquantes. Tout le monde peut être choqué par les images, quel que soit votre point de vue, que ce soit vis-à-vis des forces de l’ordre ou de ces migrants", a déclaré l'élue sur le plateau face à Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV/RMC.

Pour autant, Rachida Dati estime que cette évacuation violente "traduit l'échec de la politique migratoire en France". La maire du 7e arrondissement entend aussi faire porter le chapeau à à la mairie centrale, qui selon elle "ne se conforme pas aux dispositifs nationaux pour maîtriser les flux migratoires et ne qui veut pas rentrer dans le dispositif de d'évaluation de l'âge des migrants".

"Paris est devenu la pompe aspirante de tous les migrants en situation irrégulière", a jugé l'élue. “La mairie de Paris a une responsabilité parce qu’elle a laissé s’installer ces camps de migrants."

Le préfet de police "a fait le travail qu'on lui demande"

Lors de l'évacuation de la place de la République, certains journalistes ont notamment pu filmer des policiers soulevant des tentes à l'intérieur desquelles se trouvaient encore des migrants, jettant ces derniers par terre.

Pour autant, Rachida Dati estime que le préfet de police de Paris, pointé du doigt face à la violence de l'intervention, "a fait le travail qu'on lui demande (...) avec les moyens qu'il a". "Il a pour instruction de ne laisser aucun camp de migrants à Paris. En cela, il n'est pas aidé par la mairie", a jugé la maire du 7e arrondissment.

"Il met en première ligne la police nationale (...) Il n’a pas en soutien une police municipale armée. C’est une force de sécurité qui manque à Paris, qui manque fortement", assure Rachida Dati.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a quant à lui expliqué lundi soir qu'il avait demandé "un rapport circonstancié sur la réalité des faits au Préfet de police" d’ici ce mardi midi. "Je prendrai des décisions dès sa réception", a-t-il écrit sur Twitter.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions