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Covid-19: pourquoi le port obligatoire du masque en extérieur a été suspendu à Paris

Le tribunal administratif a estimé jeudi que les arrêtés préfectoraux de ce type "ne peuvent être proportionnés que s'ils sont limités aux lieux et aux heures de forte circulation de population ne permettant pas d'assurance de la distanciation physique".

La décision est tombée jeudi, dans la soirée. Le tribunal administratif de Paris a suspendu l'arrêté de la préfecture de police imposant le port obligatoire du masque dans les rues de la capitale, en tout temps et avec pour seules exceptions les bois de Boulogne et de Vincennes.

Dans son ordonnance, consultée par BFMTV.com, la justice précise que cette directive "ne répond pas aux impératifs de stricte proportion aux risques sanitaires encourus prescrits au IV de l'article 1er de la loi du 31 mai 2021".

Les mesures de restriction "ne peuvent être proportionnées que si elles sont limitées aux lieux et aux heures de forte circulation de population ne permettant pas d'assurance de la distanciation physique et aux lieux où les personnes peuvent se regrouper, tels que les marchés, les rassemblements sur la voie publique ou les centres-villes commerçants", selon le tribunal, qui reprend presque mot pour mot ceux du Conseil d'État.

Même décision dans les Yvelines

La veille, le tribunal administratif de Versailles, dans les Yvelines, avait ouvert le bal des suspensions. Le juge soutient que le port obligatoire du masque en extérieur constitue "une atteinte excessive, disproportionnée et non appropriée (...) à la liberté individuelle".

Interrogé par BFM Paris, Mircea Sofonea, maître de conférence en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l'Université de Montpellier, concède que le risque d'infection au Covid-19 en extérieur est "marginal". Aux yeux du spécialiste, cette mesure visait essentiellement à rappeler que "le masque est encore décisif parce que la vague Omicron est fulgurante".

"Je trouve ça plus logique"

Du côté des Parisiens, on accueille la nouvelle avec une joie relative compte tenu du contexte épidémique et de l'explosion des contaminations ces dernières semaines.

"Dès lors qu'on n'est pas dans des rues où il y a beaucoup de passage, je trouve ça plus logique", fait remarquer une passante à notre micro, quand une autre promet de continuer de porter le masque "sérieusement dès qu'il y a du monde ou quand il faut monter dans les transports".

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions