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"Ça fait tâche": les coronapistes accusées d'enlaidir Paris

Au yeux de certains habitants et élus, les lignes jaunes et les blocs de béton qui délimitent les pistes cyclables temporaires jurent avec le patrimoine de la capitale.

C'est l'une des conséquences visibles du coronavirus en Ile-de-France. Depuis le déconfinement, des coronapistes se sont développées un peu partout à Paris pour encourager les habitants à pratiquer le vélo.

Mais ce réseau de pistes cyclables temporaires, qui nécessite par endroits l'installation de plots jaunes ou de blocs de béton, est vivement critiqué et accusé d'enlaidir la capitale par certains habitants.

"C’est moche", "ça fait tâche", "c'est pas très joli", reconnaissent de passants au micro de BFM Paris, interrogés sur l'avenue de l'Opéra, face à l'Opéra Garnier, où une coronapiste a fait son apparition.

"On n'a pas réfléchi à comment rendre cela joli"

Pour permettre la mise en place de la piste cyclable sur l'avenue de l'Opéra, le couloir de bus a été élargi. Les séparations et la couleur jaune doivent y assurer la sécurité des vélos en les protégeant des voitures.

Un aménagement disgracieux aux yeux de certains élus, comme Antoine Sigwalt, conseiller municipal Les Républicains à la mairie de Paris Centre. Pour ce dernier, l’apparence de ces barrières reflète une forme de précipitation de la part de la mairie de Paris.

"Le problème, c'est que ça été fait à la va-vite dans le courant de l'été, la décision a été prise très rapidement, on n'a pas réflechi à comment rendre cela joli, juge Antoine Sigwalt à BFM Paris. On se retrouve avec des blocs de béton qui n'ont absolument rien de beau."

L'élu s'inquiète notamment de l'image que peuvent projeter ces coronapistes aux quelques touristes qui fréquentent actuellement la capitale. "Les nouvelles cartes postales seront peut-être à l'effigie de cette avenue, avec des blocs et des champignons jaunes au milieu", ironise-t-il.

Des "aménagements sécurisés" pour les cyclistes

De son côté, la mairie de Paris insiste sur le fait que ces pistes cyclables sont temporaires. Pour cette raison et selon le Code de la route, la couleur jaune est obligatoire pour signaler une zone de chantier comme ces coronapistes.

C'est également l'argument mis en avant par Paris en Selle, qui promeut la pratique du vélo dans la capitale.

"On a une obligation réglementaire. Ce sont des aménagements provisoires, et le jaune est la couleur réglementaire de ces aménagements", a expliqué à BFM Paris ce lundi Camille Hanuise, directrice de l'association, qui insiste également sur le fait que ces blocs de béton et ces plots "permettent de mettre les cyclistes en sécurité".

Paris en Selle plaide également pour la pérennisation de ces coronapistes pour "garder ce réseau de pistes cyclables qui permet aux Parisiens et à tous les Franciliens de se déplacer à vélo sur des aménagements sécurisés".

Une pérennisation qui pourrait mettre fin aux critiques à l'encontre de l'apparence des coronapistes. Si ces dernières devenaient permanentes, de nouveaux travaux seraient en effet nécessaires pour mettre en place des démarcations et signalisations fixes. Blocs de béton, plots en plastiques et peinture jaune seraient ainsi retirés.

Juliette Mitoyen avec Clémence Renard