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Madrid et une partie de l'Espagne sous un impressionnant manteau de neige

La capitale espagnole ainsi que les régions alentours subissent depuis jeudi des intempéries comme le pays n'en a pas vues depuis plusieurs décennies.

Les images, prises vendredi, sont frappantes. Celles de la muraille d'Ávila puis celles de la gran via à Madrid, recouvertes d'un manteau de neige. Depuis jeudi, l'Espagne est le théâtre d'intempéries hivernales rarissimes. Elles pourraient affecter jusqu'à la moitié du pays d'ici à dimanche.

"Si les prévisions se confirment, nous serions face à l'un des épisodes neigeux les plus importants de ces dernières années", a indiqué jeudi à l'Agence France-Presse le porte-parole de l'Agence météorologique nationale (AEMET), Ruben del Campo.

La capitale espagnole était inhabituellement couverte d'une épaisse pellicule blanche jeudi, tout comme une partie de la vaste région centrale de Castille-La Manche. Ce samedi, le maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida, a prévenu que dimanche serait une "journée encore plus difficile" au niveau de la circulation, rapporte El País.

20 centimètres

La moitié du pays a été placée en alerte neige d'ici à dimanche, principalement les régions du centre, du nord et de l'est. La neige perturbait jeudi la circulation sur près de 200 routes tandis que quelques trains ont été retardés, selon les autorités. Les prévisions, qui annonçaient jusqu'à 15 centimètres de neige accumulés en l'espace de 24 heures, affirment désormais que 20 centimètres sont attendus dans la zone madrilène.

Dans la capitale, les canards ont pu marcher sur l'eau gelée de l'étang du grand parc du Retiro alors que les températures négatives ont gagné une grande partie du pays. Un record national, non-officiel, de -34,1°C a même été enregistré mercredi à plus de 2000 mètres d'altitude au niveau de la station météorologique privée du Clot de la Llança, dans le centre des Pyrénées espagnoles.

Trains supprimés

Outre Madrid, cinq autres provinces sont en état d'alerte pour chutes de neige: Guadalajara, Cuenca, Albacete, Toledo et Valence. Tout au long de la journée de vendredi, cette tempête exceptionnelle n'a guère provoqué d'incidents graves.

Néanmoins en raison de l'accumulation de neige et d'une mauvaise visibilité, les quatre dernières circulations vendredi de la ligne à grande vitesse Madrid-Valence-Alicante ont été supprimées, toujours selon El País. L'aéroport de la capitale a été fermé.

Le ministre espagnol de l'Intérieur, Enrique López, a assuré ce samedi que "tout" a été mis en œuvre "pour anticiper toutes les situations à risques qui pourraient survenir du fait de cette chute de neige". Il a également demandé à la population de "restreindre au maximum les déplacements", aussi bien dans les rues que sur les autoroutes, ou à tout le moins de s'équiper en conséquence en cas de motif impérieux de déplacement.

"Malheureusement, nous avons une population très résignée à être chez elle à cause du coronavirus et aujourd'hui nous leur demandons un plus grand sacrifice", a déclaré Enrique López.

Record des années 80

La tempête charrie également d'intenses pluies et des rafales de vent sur la côte sud de l'Espagne ainsi que sur l'archipel des Canaries au large des côtes nord-ouest de l'Afrique, a prévenu l'AEMET.

Des pompiers poussant un véhicule enneigé à Madrid, le 8 janvier 2021
Des pompiers poussant un véhicule enneigé à Madrid, le 8 janvier 2021 © AFP / Oscar del Pozo

Son porte-parole, Rubén Del Campo, a affirmé que Madrid pourrait connaître ses plus fortes chutes de neiges depuis les années 1980. Pour trouver un épisode comparable, il faut remonter aux intempéries de février 1984 ou mars 1971. Il s'agit du premier avertissement rouge pour la neige dans la capitale depuis la mise en place du système Meteoalerta, en vigueur depuis 2007.

Le porte-parole d'AEMET a par ailleurs annoncé des records de températures minimales pour la semaine prochaine, quand bien même les chutes de neige devraient se dissiper dimanche. À Madrid, ces températures pourraient atteindre les -10 ou -11°C mercredi et jeudi.

Jules Pecnard avec AFP Journaliste BFMTV