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La Seine à 5,81 mètres ce dimanche, le pic de crue attendu la nuit prochaine

Le niveau de la Seine continue de monter ce dimanche. Près de 1500 personnes ont été évacuées en Ile-de-France, alors que 242 communes franciliennes sont concernées par la crue. La décrue qui débutera après le pic attendu la nuit prochaine devrait être lente, selon les autorités.

La Seine a continué dans la nuit de samedi à dimanche sa lente montée à Paris, en attendant le pic de crue prévu en toute fin de week-end, tandis que la situation s'améliorait en amont de la capitale, a indiqué Vigicrues.

Alors que vendredi le pic était prévu entre 5,80 et 6 mètres "lors du week-end", Vigicrues a affiné sa prévision samedi après-midi : environ 5,95 m dans la nuit de dimanche à lundi, soit moins que la crue de juin 2016 (6,10 m). À la station du pont d'Austerlitz, dimanche vers 15 heures, la Seine a continué de monter jusqu'à atteindre les 5,81 mètres. 

"La montée est un petit peu plus lente que prévu, donc le maximum attendu est décalé dans la soirée de dimanche à lundi", a déclaré une porte-parole de l'organisme de surveillance, Rachel Puechberty.

L'eau marron clair atteignait samedi les cuisses du Zouave du pont de l'Alma. Non loin, les bateaux-mouches, interdits de navigation, restaient à quai et seuls les pompiers circulaient. Des voies sur berge noyées, n'émergeaient que des rangées d'arbres, quelques panneaux et des poubelles flottant à la surface de l'eau.

"Jusqu'en début de semaine"

Alors que deux personnes à bord d'un canoë gonflable ont été verbalisées samedi matin près de la gare d'Austerlitz, la préfecture a rappelé qu'il était "interdit et surtout extrêmement dangereux de faire du canoë ou de se baigner dans la Seine, dont le débit est actuellement de 1600 mètres cube par seconde", selon le lieutenant-colonel Olivier Gaudard.

En amont de la capitale, la situation s'améliorait petit à petit. Vigicrues a ainsi abaissé samedi en vigilance "jaune", contre "orange" auparavant, plusieurs tronçons de cours d'eau du Bassin parisien: Seine amont (Aube), Yonne aval (Yonne et Seine-et-Marne) et Armançon (Aube, Côte-d'Or et Yonne).

"En aval de Paris, sur les boucles de la Seine, la hausse se poursuivra jusqu'en début de semaine", a ajouté l'organisme de surveillance. La décrue pourrait "être très lente", a indiqué Colombe Brossel, adjointe à la Sécurité de la mairie de Paris, ajoutant que la Ville restait "d'une très grande vigilance sur la situation des nappes phréatiques en sous-sol".

"Si l'on parle de revenir complètement à la normale, cela se comptera en semaines", a estimé le patron des services de l'État chargés de l'Environnement à la région (DRIEE), Jérôme Goellner.

Les cours d'eaux sensibles
Les cours d'eaux sensibles © BFMTV

"Chacun sait bien ce qu'il doit faire"

"Tout le monde est mobilisé, chacun dans son domaine, chacun dans son champ de responsabilité. À la fois les collectivités territoriales, en particulier les communes. Il y a 240 communes concernées et je veux saluer le rôle des maires et de l’ensemble de leurs équipes. Tous les services publics de l’État: les sapeurs-pompiers, les policiers, les gendarmes… et également la très bonne mobilisation de tous les opérateurs de service public dans le transport, l'énergie les communications", a déclaré le préfet de police de Paris Michel Delpuech, sur notre antenne.

Et d'ajouter: "Ce qui me frappe, c'est cette logique de mobilisation, de vigilance, de maîtrise. Le phénomène est anticipé, il est connu on sait qu’il peut se produire. […] Chacun sait bien ce qu’il doit faire".

Près de 1500 personnes évacuées en Ile-de-France

Au total, près de 1500 personnes ont été évacuées en Île-de-France, a indiqué le préfet de police de Paris dimanche. Et un peu moins de 1500 foyers sur 6,2 millions sont privés d'électricité, selon Enedis qui a installé quelques dizaines de groupes électrogènes.

Côté transports, sept gares parisiennes du RER C, en bordure du fleuve, restaient fermées jusqu'à nouvel ordre. Ni les gares ni les voies ne sont inondées mais les travaux de sécurisation ne permettent pas aux trains de circuler.

12 départements en alerte orange

Les crues qui touchent diverses régions françaises sont dues à des précipitations importantes sur des sols gorgés d'eau. Le bimestre décembre-janvier est l'un des trois plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo-France. "Les sols sont gorgés d'eau, donc c'est un facteur de vulnérabilité s'il devait encore y avoir de fortes précipitations plus tard dans l'hiver", a prévenu Hervé Vanlaer, directeur général adjoint à la prévention des risques au ministère de la Transition écologique.

Les prévisions sont moins pluvieuses pour la semaine à venir. Météo France laissait encore samedi 12 départements "en vigilance orange en raison des crues sur les bassins de la Seine, de la Saône et de leurs affluents", mais leur nombre devrait baisser. Globalement, "les décrues sont désormais bien amorcées sur la majorité des parties amont des cours d'eau", a résumé Vigicrues. Même si cette crue 2018 a été importante, on a évité le scénario catastrophe d'une crue historique comme celle de 1910, où la Seine avait atteint 8,62 m.

P.L avec AFP