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Crue: sur les quais de Seine, restaurants et bateliers au chômage technique

Depuis plusieurs jours, des entreprises installées sur les quais de Seine à Paris sont à l'arrêt. Restaurateurs ou bateliers scrutent le niveau du fleuve et doivent déjà faire face à des pertes financières.

La montée de la Seine à Paris amuse les curieux et les touristes qui immortalisent la crue, beaucoup moins les professionnels installés au bord du fleuve. Toute la semaine, Nicolas Lefevre, patron du restaurant Les Nautes, quai des Célestins dans le 4e arrondissement a vu le niveau monter. Le niveau arrive désormais à mi-hauteur de la porte d'entrée, soit environ 1 mètre d'eau.

"Ca devrait remonter presque au niveau de la fenêtre, si c'est comme en 2016. La seule chose à faire c'est attendre que l'eau soit partie pour voir l'étendue des dégâts, faire passer les experts", constate le restaurateur. Il avait pris ses précautions et surélevé du matériel, mais désormais tout baigne dans l'eau.

400.000 euros de dégâts en 2016

Cette crue représente évidemment un manque à gagner pour lui. Dans les meilleurs jours, sa terrasse est capable d'accueillir 1.200 clients, aujourd'hui, elle n'est plus qu'une immense étendue d'eau. Lors de la crue de 2016, le montant total des pertes et dégâts s'était chiffré à 400.000 euros.

"Aujourd'hui, tout dépend de la durée de la crue. J'espère que ce montant sera beaucoup moins élevé. Ce sera peut-être 100.000, 200.000 ou 300.000 euros", ajoute le patron des Nautes. 

Pour les bateliers, le chiffre d'affaires est également forcement impacté. Depuis lundi, la navigation fluviale est interdite et des bateaux sont bloqués à quai comme Pascal Malbrunot, avec sa cargaison de sable.

"Avec un convoi comme le mien on perd à peu près 10.000 euros de chiffre d'affaires par semaine et on crée un vrai préjudice au client. Je ne peux pas dire aux affréteurs dans combien de temps on va repartir", constate cet artisan batelier.

100.000 euros par jour perdus par les bateaux-mouches

Les bateaux-mouches sont aussi à l'arrêt. Sans aucune croisière ni aucun dîner à bord depuis dimanche, leurs exploitants perdent environ 100.000 euros par jour. Tous attendent désormais que la décrue arrive et espèrent être accompagnés.

"Il faut qu'avec cette crue majeure, le décret de catastrophe naturelle soit lancé et mis en place parce qu'on nous accorde des concessions sur les berges, il serait bon de nous aider vraiment", appuie Nicolas Goupil, le patron du Faust, boîte de nuit installée dans l'un des piliers du pont Alexandre III.

Alors que son établissement est noyé sous plus d'un mètre d'eau, il sait déjà qu'il ne pourra pas rouvrir avant au moins trois semaines.

Carole Blanchard avec Ariane Limozin