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Crue à Paris: le pic est prévu dans la nuit de vendredi à samedi

Le pic de la crue à Paris est prévu pour intervenir durant la nuit de vendredi à samedi.

Le pic de la crue à Paris est prévu pour intervenir durant la nuit de vendredi à samedi. - BFMTV

Boueuse, la Seine joue avec les nerfs des Franciliens, alors qu'un pic à près de six mètres quarante devrait être atteint dans la nuit de vendredi à samedi. Le seuil des six mètres avait été dépassé en début d'après-midi, mais la montée de la Seine a ensuite ralenti.

Après une montée inexorable, le rythme de montée du niveau de la Seine est ralenti. La crue du fleuve, dont le pic est attendu dans la nuit, a atteint 6,09 mètres au pont d'Austerlitz à Paris vendredi à 23 heures, confirmant un ralentissement de la montée des eaux par rapport à jeudi, selon le service de prévention Vigicrues.

Alors que dans la journée de jeudi, la progression était d'environ 4 cm par heure en moyenne, le niveau était de 6,07 m à 19 heures vendredi et de 6 mètres à midi. 

La ministre de l'Ecologie, Segolène Royal, avait annoncé peu après 17 heures que le pic de la crue devait être atteint dans la nuit de vendredi à samedi, avec un fleuve haut de "6,10 à 6,40 mètres".

Dans la journée, Bruno Julliard, premier adjoint à la mairie de Paris, avait annoncé que la Seine montait en continu.

"D'après les prévisions de spécialistes, elle devrait atteindre, nous l'espérons, un pic, aux alentours de 6 mètres dans la journée, probablement dans l'après-midi, et nous espérons une décrue au cours du week-end.

Une montée désormais lente

A 14 heures, le fleuve dépassait en effet les 6 mètres à l'échelle du Pont d'Austerlitz, et les prévisions avait été revues à la hausse.

"L'estimation de ce matin était de 6.30 mètres voire 6.50 mètres dans les hypothèses les plus défavorables", a rappelé Ségolène Royal.

"Et compte tenu de l'infléchissement marqué à Alfortville et de la montée désormais lente constatée ces dernières heures à la hauteur du pont d'Austerlitz, il est probable que le niveau se stabilise entre 6,10 m et 6,40 m dans la nuit", a conclu la ministre.

Caves inondées à Paris

"Il faut signaler aussi qu'il s'agira d'un plateau plus que d'un pic, puisque ce niveau haut devant rester relativement stable pendant tout le week-end et possiblement en début de semaine prochaine avant d'amorcer une décrue", a aussi précisé Ségolène Royal. La décrue sera plus lente que la montée des eaux et ce sera, pour la ministre, "un point essentiel à gérer". "La décrue dépendra également des conditions météorologiques prévues pour le début de la semaine prochaine", a-t-elle enfin précisé.

Certes, on est encore loin des 8,62 mètres de la crue centennale de 1910, mais la montée des eaux pose déjà de nombreux problèmes, alors que des caves et des logements inondés commencent à être signalés dans l'ouest parisien.

>> Pour savoir si vous êtes en zone inondable, l'IGN met à disposition une carte interactive

La maire de Paris, Anne Hidalgo, s'est voulue rassurante alors qu'elle dirigeait ce vendredi une réunion de crise rassemblant les différents services municipaux concernés. Elle a ainsi déclaré: "Dépasser six mètres n'est pas un élément qui conduit à bloquer des secteurs économiques ou envisager le déplacement des populations."

L'élue a souligné qu'il n'y avait à ce stade ni menace sur la population, ni mise hors-service d'équipement, ni de risque de coupures massives d'électricité. 

Le casse-tête de la circulation

Les inondations condamnent d'entrée de jeu les voies sur berge qui sont fermées à la circulation. A huit heures, on comptait 260 km de bouchons contre 160 habituellement. L'autoroute A4 était complètement saturée.

Du côté de la RATP, les lignes 10 et 4 du métro connaissent quelques perturbations puisque les stations Cluny-La Sorbonne et Saint-Michel sont fermées ce vendredi.

Sur le fleuve lui-même les déplacements ne sont pas davantage facilités. Aucun bateau de tourisme ou transportant des marchandises n'est plus autorisé à circuler, après l'arrêté d'interdiction pris par la préfecture. Le débit de la Seine, à 1.500 mètres cubes par seconde.

"C'est quatre à cinq fois plus élevé que d'habitude", relève Jean-Louis Caffier, spécialiste environnement de BFMTV.

Deux gymnases réquisitionnés pour les sans-abri

La maire de Paris a détaillé l'ensemble des mesures prises pour pallier les conséquences des inondations. Après avoir indiqué qu'une cellule de crise avait été "activée dès hier (jeudi)", Anne Hidalgo a détaillé les mesures de préventions prises par la ville. Ainsi la sécurisation des berges, l'installation de protections amovibles et la fermeture des parcs, jardins, cimetières à cause d'une "fragilisation des arbres".

Mais c'est surtout "l'ouverture de deux gymnases pour l'accueil des sans-abri, dans les 7e et 5e" arrondissements qui retiendra l'attention.

Les nappes phréatiques sont par ailleurs surveillées, car il existe un risque qu'elles montent, y compris après la décrue. Le réseau d'assainissement a également été sécurisé. La maire de Paris a indiqué sur BFMTV que nulle évacuation, ni fermeture d'équipements publics n'était pour l'instant envisagée.

François Hollande a, de son côté, exprimé la reconnaissance de la nation envers les services de secours. "Ce qui fait notre solidarité c'est notre organisation. En France, nous avons un service public, c'est une force dans notre pays. Nous devons nous élever contre simplification du débat public", a déclaré le chef de l'Etat.

"Rien à faire une fois que la crue est là"

Si les secours s'activent pour sécuriser les personnes et que les services de la ville s'emploient à reloger ceux qui doivent l'être, si le mobilier urbain habituellement fixé sur les quais a été évacué plus haut, la crue porte avec elle une idée de fatalité. Comme dans les musées qui doivent sécuriser à la hâte leurs collections. Le musée d'Orsay et le Louvre, notamment, sont fermés ce vendredi pour procéder dans la journée à l'évacuation des œuvres stockées dans leurs réserves. Sur les coups de 14h30, le Grand palais, musée du VIIIe arrondissement, attenant aux Champs-Elysées et donc à deux pas des berges de la Seine, annonçait qu'il fermait ses portes au public "par mesure préventive". 

"Lorsque la crue est là, on ne peut plus rien faire. C'est avant, en amont qu'il faut prendre des mesures," constate Jean-Louis Caffier.

 Les solutions existent. Il s'agira de remonter les digues de 2 mètres ou 2,50 mètres à certains endroits ou fixer plus haut les compteurs électriques afin d'éviter les pannes de courant. La décrue est attendue pour dimanche.

David Namias