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Vol MH17 abattu en Ukraine: les enquêteurs dévoilent les noms de quatre suspects

Enquêteurs néerlandais et malaisiens travaillent sur les lieux du crash du vol MH17 près du village de Grabove, en Ukraine, 
le 16 avril 2015.

Enquêteurs néerlandais et malaisiens travaillent sur les lieux du crash du vol MH17 près du village de Grabove, en Ukraine, le 16 avril 2015. - ODD ANDERSEN, AFP

L'équipe internationale d'enquêteurs travaillant sur le crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines en 2014 a révélé ce mercredi les noms de quatre suspects. Il s'agit de trois Russes et un Ukrainien.

L'enquête sur le crash du vol MH17 abattu en 2014 au-dessus de l'Est séparatiste de l'Ukraine par un missile russe avance. Ce mercredi, l'équipe internationale d'enquêteurs a communiqué les noms de quatre suspects.

"Aujourd'hui nous délivrerons les mandats d'arrêt internationaux pour les premiers suspects que nous poursuivrons. Ils seront également placés sur les listes nationales et internationales des personnes recherchées. C'est pourquoi nous donnons leurs noms complets et publions leur photo", a précisé le chef de la police néerlandaise, Wilbert Paulissen, au cours d'une conférence de presse.

Selon le procureur néerlandais Fred Westerbeke, "les quatre (suspects) sont accusés d'avoir convoyé dans l'Est de l'Ukraine le système (de missiles anti-aériens) BUK", utilisé selon les enquêteurs pour tirer le missile ayant abattu le 17 juillet 2014 le Boeing de la Malaysia Airlines.

Plus tôt dans la matinée, les familles des victimes avaient déclaré que les responsables présumés du drame seraient jugés au Pays-Bas le 9 mars 2020.

"Il y aura un procès le 9 mars 2020 contre quatre personnes accusées de meurtre", a annoncé à la presse Silene Fredriksz, dont le fils et la belle-fille avaient péri dans la tragédie.

Les noms des quatre suspects rendus publics

Les quatre suspects sont les Russes Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov ainsi que l'Ukrainien Leonid Khartchenko.

Parmi ces quatre noms, le plus symbolique est certainement Igor Guirkine, l'un des principaux commandants des séparatistes du début du conflit, il y a cinq ans, avec l'armée ukrainienne et probablement leur représentant le plus médiatique à l'époque. Quelques semaines après que le vol MH17 soit abattu, il avait été démis de ses fonctions dans des conditions mystérieuses. De retour en Russie, il avait fait face à des problèmes financiers et perdu toute influence. A la suite de la divulgation de son nom, Guikine a à nouveau nié l'implication des séparatistes et a déclaré qu'il ne témoignerait pas.

Les deux autres Russes sur le banc des accusés, faisaient tous deux partis du service de renseignement militaire des séparatistes de la République autoproclamée de Donetsk. Sergueï Doubinski en aurait été le responsable au moment du crash de l'avion.

Le quatrième et dernier suspect, l'Ukrainien Leonid Khartchenko faisait également partie du service de Sergueï Doubinski au moment de la destruction du vol MH17. Il est toujours recherché par la justice ukrainienne pour sa participation au conflit du côté des séparatistes, qui ignorent où il se trouve. Les services de sécurité ukrainiens ont indiqué mercredi à l'AFP n'avoir "aucune information" sur sa localisation et ne pas savoir s'il est encore en vie.

La Russie nie toute responsabilité

En mai 2018, la JIT avait annoncé avoir établi que le missile ayant abattu l'avion provenait de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk.

Le Boeing de la Malaysia Airlines, parti d'Amsterdam pour Kuala Lumpur, avait été abattu en plein vol au-dessus de la zone de conflit armé dans l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine le 17 juillet 2014. Les 283 passagers, dont 196 Néerlandais et les 15 membres de l'équipage, avaient péri.

Les Pays-Bas et l'Australie, dont 38 ressortissants figuraient parmi les victimes, ont ouvertement accusé la Russie d'être responsable de la mort de leurs ressortissants après les révélations de la JIT. Pour la première fois, la responsabilité de cette catastrophe était ouvertement imputée à Moscou, qui a nié avec véhémence toute implication, rejetant la faute sur Kiev.

La tragédie reste un sujet hautement sensible aux Pays-Bas, où le Premier ministre Mark Rutte n'a jamais caché que trouver les coupables et les traduire en justice étaient un de ses objectifs les plus importants à la tête du gouvernement.

Les députés néerlandais ont ratifié en 2018 un accord signé avec l'Ukraine pour que soient engagées aux Pays-Bas les éventuelles poursuites judiciaires à l'encontre des responsables de la catastrophe. Il se pourrait toutefois que les suspects soient jugés par contumace, la Russie n'extradant pas ses ressortissants poursuivis à l'étranger. 

Aude Solente avec AFP