BFMTV

Syrie: l'offensive turque s'enlise dans le bastion djihadiste d'Al-Bab

Un char turc à 5 km de la frontière syrienne, conduisant en direction de Jarabulus jeudi 25 août 2016.

Un char turc à 5 km de la frontière syrienne, conduisant en direction de Jarabulus jeudi 25 août 2016. - BULENT KILIC - AFP

Ankara est dans une situation difficile à Al-Bab en Syrie, à 25 kilomètres de sa frontière. Marquée par les purges au sein de son armée, la Turquie peine à reprendre ce bastion de Daesh.

En tentant de reprendre la ville d'Al-Bab à Daesh, la Turquie est face au plus gros défi de son intervention en Syrie, son armée affaiblie par les purges consécutives au putsch manqué de juillet, subissant de nombreuses pertes.

L'ambitieuse opération "Bouclier de l'Euphrate", visant à soutenir les rebelles syriens, a démarré en trombe fin août en chassant Daesh de différentes localités du nord de la Syrie, dont Jarablous.

Au moins 48 soldats turcs ont perdu la vie dans cette opération, la plupart dans la bataille engagée le 10 décembre pour prendre à Daesh la ville d'Al-Bab, selon un décompte de l'AFP.

Le président Recep Tayyip Erdogan a assuré vendredi que la Turquie "finirait son travail" à Al-Bab mais a assuré qu'il ne serait ensuite pas nécessaire de s'enfoncer davantage en Syrie.

L'armée affaiblie de l'intérieur

La deuxième plus grande armée de l'Otan doit affronter cette opération en Syrie avec des effectifs réduits par les purges menées depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet. 

"Les rebelles avec lesquels se bat la Turquie sont peu entraînés et se sont montrés, pendant des années, incapables de prendre ou de tenir le moindre territoire", affirme Aaron Stein, du Centre Rafic Hariri pour le Moyen-Orient, déplorant le "manque de ressources" de l'opération menée par Ankara.

Tandis que Jarablous est de l'autre côté de la frontière turque, Al-Bab se situe à 25 kilomètres de la Turquie et est logistiquement plus compliquée à prendre.

Rapprochement avec la Russie

En novembre, le Pentagone avait affirmé que la coalition internationale menée par les Etats-Unis ne soutenait pas l'opération à Al-Bab parce qu'elle avait été décidée "indépendamment" par la Turquie, conduisant Ankara à se tourner vers la Russie. Les deux pays ont conduit leurs premières frappes aériennes conjointes contre Daesh à Al-Bab le 18 janvier, selon le ministère russe de la Défense.

En intervenant en Syrie, la Turquie veut empêcher l'établissement à sa frontière d'une région contrôlée par les milices kurdes soutenues par les Etats-Unis.

L'observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) affirme régulièrement que les frappes turques causent des pertes civiles, ce qu'Ankara dément, assurant que tout est fait pour l'éviter. Vendredi encore, l'OSDH a indiqué que 10 civils dont un enfant avaient été tués dans la région d'Al-Bab par des frappes turques.

G.D. avec AFP