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Référendum en Catalogne: la presse française craint un "chemin sanglant"

Des manifestants partisans du référendum d'indépendance de la Catalogne, face à la police espagnole à Madrid le 1er octobre 2017

Des manifestants partisans du référendum d'indépendance de la Catalogne, face à la police espagnole à Madrid le 1er octobre 2017 - JAVIER SORIANO, AFP

Dimanche, le référendum d'autodétermination de la Catalogne a été marqué par des violences entre indépendantistes et gouvernement de Madrid. Ce lundi, la presse française établit un état des lieux de la situation.

Les violences qui ont marqué le référendum d'autodétermination interdit en Catalogne laissent craindre à la presse française de ce lundi que le bras de fer entre indépendantistes et gouvernement de Madrid ne ravive les démons de la guerre civile.

Les services de santé du gouvernement catalan ont annoncé ce dimanche soir que 844 personnes avaient demandé une assistance médicale en relation avec les charges policières de l'Etat.

"Le département de santé fait savoir que 844 personnes ont sollicité une assistance sanitaire pendant la journée du référendum, en relation avec les charges des forces de police de l'Etat," indique le gouvernement régional dans un communiqué. Ce département, contacté par l'AFP, n'avait cependant pas un décompte précis des blessés.

"Les violences creusent le fossé entre Madrid et la Catalogne"

Ce matin, la presse française réagit. Pour Le Figaro, "les violences creusent le fossé entre Madrid et la Catalogne".

À la une du quotidien Libération, on peut lire : "Catalogne : le coup de force. Urnes confisquées, électeurs matraqués, tirs à balles en caoutchouc...", pour y résumer la situation ce dimanche durant le référendum d'indépendance. Dans son éditorial, le journal ajoute : "L’Espagne ne doit pas prendre ce chemin sanglant qu’elle ne connaît que trop bien", d'après Johan Hufnagel.

Référendum en Catalogne
Référendum en Catalogne © Thomas SAINT-CRICQ, AFP

Sud-Ouest titre : "Catalogne: l'épreuve de force", rappelant que des heurts ont fait plus que 90 blessés. 

"La situation n’a pourtant pas d’autre issue positive qu’une discussion politique et une résolution démocratique", martèle Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction de L'Humanité. "C’est ce chemin qui doit être exploré, plutôt que les charges matraque en main ou les tirs de balles en caoutchouc."

Les séparatistes, "les vainqueurs du bras de fer"

"C’est moins le résultat du référendum que la manière dont le pouvoir central a géré cette affaire qui fait des séparatistes, passant pour les victimes, les vainqueurs du bras de fer", estime Laurent Bodin dans L'Alsace.

Dans La République des Pyrénées, Jean-Michel Helvig regrette "des scènes de violences policières qui permettent maintenant aux indépendantistes de se poser en victimes, quand ils n’étaient que des apprentis-sorciers".

Le Télégramme quant à lui titre : "L'Espagne se déchire", rappelant que ce scrutin "ouvre une nouvelle période d'incertitude politique en Espagne". 

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy lors d'une conférence de presse à Madrid le 1er octobre 2017
Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy lors d'une conférence de presse à Madrid le 1er octobre 2017 © JAVIER SORIANO, AFP

"Ce référendum était un piège et (le président du gouvernement) Mariano Rajoy s’y est jeté tête la première", constate Pascal Coquis des Dernières Nouvelles d'Alsace.

"L’exemple espagnol montre qu’à vouloir réprimer trop durement les indépendantistes, on prend le risque de les victimiser, donc de les conforter", confirme Benoît Gaudibert dans L'Est républicain.

"Les rêves d'indépendance peuvent se muer en guerre civile"

"La journée d’hier démontre que la violence est à portée de main. Au coin de la rue, les rêves d’indépendance peuvent se muer en guerre civile, comme autrefois", met en garde Jean Levallois dans La Presse de la Manche.

"Au sortir du franquisme, l’Espagne s’est réinventée comme un pays très décentralisé", rappelle Jean-Christophe Ploquin dans La Croix. "Peut-être le pays peut-il évoluer vers un fédéralisme plus poussé."

S.Z avec AFP