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Rapatriement des jihadistes: les pays doivent "assumer leurs responsabilités" selon la Croix-Rouge

Drapeau de Daesh

Drapeau de Daesh - AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Depuis la chute de Daesh en mars, la question du rapatriement est un véritable casse-tête pour la communauté internationale. Le président de la Croix-Rouge, Peter Maurer, affirme, ce dimanche, qu'''essayer de se protéger en laissant ces personnes dans des camps irakiens ou syriens" est un mauvais calcul.

Les pays doivent "assumer leurs responsabilités" et "trouver des solutions de rapatriement" pour leurs ressortissants, jihadistes détenus en Syrie ou en Irak, plaide le président du Comité international de la Croix-Rouge, Peter Maurer, dans le journal suisse Le Matin Dimanche.

"Quand je vois les conditions des camps où vivent les familles de jihadistes au Proche-Orient, en Syrie ou en Irak, je mesure l'urgence de la situation", explique Peter Maurer.

"Les pays doivent assumer leurs responsabilités, trouver des solutions de rapatriement et juger les personnes qui doivent l'être pour les violations qu'elles ont commises", estime-t-il, faisant remarquer que "souvent ces mêmes pays ont été les premiers à parler de responsabilité du pays d'origine lorsqu'il s'agissait de retour de migrants".

"Ils devraient y penser aujourd'hui", relève le chef de la Croix-Rouge qui dit comprendre que ces pays "aient des soucis de sécurité", mais juge-t-il, "laisser ces gens dans les prisons, les priver de leur statut ou de leur nationalité n'est pas une solution".

8000 enfants dans les camps de déplacés

Mi-janvier, la Commission d'enquête indépendante et internationale (COI) sur la Syrie, créée en 2011 par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, s'était notamment alarmée du sort réservé aux enfants de jihadistes étrangers qui se trouvent en Syrie.

Début novembre, une responsable du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme, Marie-Dominique Parent, avait chiffré à entre 700 et 750 le nombre d'enfants nés de parents ressortissants de l'UE qui sont retenus dans des conditions précaires dans des camps du nord-est de la Syrie.

Au total, quelque 12.000 étrangers, 4000 femmes et 8000 enfants, sont installés dans trois camps de déplacés du nord-est, la grande majorité dans celui d'Al-Hol, selon des statistiques des autorités kurdes.

S. M. avec AFP