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Querelles sur le climat à tianjin, progrès sur les financements

La réunion sur le climat organisée à Tianjin pour préparer la conférence de Cancun à la fin de l'année n'a produit aucune mesure décisive et les querelles entre les deux principaux pollueurs du globe -la Chine, pays hôte et les Etats-Unis- ont fait de l'o

La réunion sur le climat organisée à Tianjin pour préparer la conférence de Cancun à la fin de l'année n'a produit aucune mesure décisive et les querelles entre les deux principaux pollueurs du globe -la Chine, pays hôte et les Etats-Unis- ont fait de l'o - -

par Chris Buckley TIANJIN, Chine (Reuters) - La réunion sur le climat organisée à Tianjin n'a produit aucune mesure décisive et la Chine, pays hôte,...

par Chris Buckley

TIANJIN, Chine (Reuters) - La réunion sur le climat organisée à Tianjin n'a produit aucune mesure décisive et la Chine, pays hôte, a vivement réagi samedi à des accusations de dérobade portées contre elle par les Etats-Unis.

Les querelles opposant les deux principaux pollueurs du globe ont fait de l'ombre à ces pourparlers d'une semaine parrainés par l'Onu, où les négociateurs ont réalisé quelques progrès en matière de financement sans dissiper la crainte de voir le processus déboucher sur une impasse.

Les entretiens de Tianjin préparaient le terrain à la conférence sur le changement climatique prévue du 29 novembre au 10 décembre à Cancun (Mexique) sous l'égide de l'Onu. Le but étant d'aboutir à un nouvel accord qui entrerait en vigueur à l'expiration en 2012 du protocole de Kyoto, l'actuel traité international sur le changement climatique.

Le négociateur chinois Su Wei a rejeté des propos tenus par Todd Stern, principal représentant de Washington pour les questions climatiques, alors que s'achevait la semaine de discussions dans le nord de la Chine.

Stern, qui intervenait dans une université américaine, a déclaré que Pékin ne pouvait pas insister pour que les pays riches adoptent des objectifs fixes pour les émissions de gaz à effet de serre (GES) alors que la Chine et d'autres grands pays émergents ne souscrivent à des objectifs qu'à titre facultatif.

Su Wei a répliqué que Stern cherchait ainsi à masquer le fait que les Etats-Unis n'avaient procédé à aucune réduction importante de leurs émissions de dioxyde de carbone et d'autres GES contribuant au réchauffement climatique.

"Ne pouvant se prévaloir d'aucune mesure ou initiative, ils critiquent la Chine qui, elle, prend activement des mesures et des initiatives", a dit Su au sujet des Etats-Unis.

Les pourparlers de Tianjin ont permis de renforcer un accord sur les financements destinés aux pays pauvres affectés par le réchauffement climatique, les transferts de technologies "vertes" et d'autres mesures visant à favoriser le déroulement de la conférence de Cancun.

LE TEMPS PRESSE

Le rendez-vous de Cancun est censé jeter les bases d'un nouveau traité contraignant sur les émissions de GES qui serait signé en 2011. Le sommet de décembre 2009 à Copenhague s'est traduit par des promesses non contraignantes et, depuis, les réunions n'ont plus guère porté sur des objectifs précis à cet égard.

A Tianjin, responsables et militants ont déploré des séances de travail où les participants se sont attardés sur des points de procédure. Les réunions sur le renforcement de la protection des forêts pluviales ont traîné sans donner de résultats.

"Nous avançons dans la bonne direction, mais il faut assurément mettre le pied sur l'accélérateur", a commenté Julie-Anne Richards, coordonnatrice du Réseau Action Climat-International qui suivait les discussions.

Les quelques progrès enregistrés cette semaine devraient faciliter certaines décisions à Cancun, estime Wendel Trio, directeur de Greenpeace International pour la politique climatique, tout en notant que les querelles ont dominé la réunion de Tianjin.

Durant la semaine, la Chine a invité les pays riches à plus d'efforts en matière de réduction des émissions de GES pour parvenir à un nouveau traité.

Bien que son pays soit le premier émetteur de tels gaz et que ses émissions semblent devoir continuer à croître en raison de son développement économique, Su Wei a fait valoir que les émissions par habitant étaient beaucoup plus élevées dans les pays riches et que ceux-ci devaient laisser les puissances émergentes se développer.

D'après les Nations unies, les objectifs actuels en matière de réduction des émissions de GES n'empêcheront pas une hausse de la température mondiale supérieure à 2° Celsius. Cette hausse de 2° est considérée par certains experts comme le seuil au-delà duquel se produiront d'importants désordres climatiques - sécheresses extrêmes, inondations ou hausse du niveau des mers.

Le principal négociateur américain présent à Tianjin, Jonathan Pershing, a demandé que la Chine et d'autres grands pays émergents soumettent leurs émissions à des contrôles internationaux plus stricts et les inscrivent dans le nouveau traité qui est censé remplacer Kyoto.

Philippe Bas-Rabérin et Bertrand Boucey pour le service français