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Qu'est-ce que la Naegleria Fowleri, l'amibe dévoreuse de cerveau?

La Naegleria Fowleri s'introduit par le nez et remonte au cerveau.

La Naegleria Fowleri s'introduit par le nez et remonte au cerveau. - CDC

Une alerte sanitaire a été lancée en Louisiane après la découverte d'une amibe mortelle dans le circuit d'eau de quatre communes. Une fillette de neuf ans en est morte en juillet dans le Kansas. Ce mirco-organisme, heureusement aussi rare que terrifiant, dévore le cerveau de son hôte.

L'Etat de Louisiane vient de lancer une alerte à l'amibe tueuse. De récents prélèvements ont mis en évidence la présence de Naegleria Fowleri dans l'eau courante, un micro-organisme qui provoque la mort de la personne qu'il contamine dans 95% des cas: elle dévore le cerveau, ni plus ni moins. La victime meurt en deux semaines.

Les habitants de quatre villes de la paroisse de Saint-Jean Baptiste ont été mis en garde, et sont priés de respecter quelques consignes sanitaires. Le taux de Chlorine des piscines et de l'eau courante ont été relevés afin de tuer cet agent dangereux.

Ce micro-organisme, on le connaît bien aux Etats-Unis car il a fait 34 victimes ces dix dernières années. La dernière dans le Kansas en juillet: Hally Yust, une fillette de 9 ans qui pratiquait intensément des sports aquatiques, est morte après avoir nagé dans des lacs.

La mort en quelques jours

La Naegleria Fowleri est une amibe libre pathogène qui se trouve en faible quantité dans les eaux douces dépassant 25°C, souvent près de circuits de refroidissement de centrales thermiques, par exemple. Elle s'introduit dans le corps humain quand la victime inhale de l'eau contaminée (boire l'eau contaminée est sans danger). Remontant le nerf olfactif, elle s'attaque au cerveau et provoque une méningo-encéphalite amibienne primitive (MEAP), soit la mort presque certaine en une quinzaine de jours au maximum.

Si elle paraît terrifiante, cette infection est toutefois très rare: on a beaucoup plus de chances de mourir par noyade. En 50 ans, seuls 310 cas ont été relevés dans le monde, et onze personnes ont survécu. En France, elle n'a fait qu'une seule victime: en 2008, un garçon de 9 ans, qui habitait en Guadeloupe.

Le problème semble plus préoccupant au Pakistan, où un jeune homme de 29 ans en est mort le 13 août. Depuis mai, c'est la septième victime dans ce pays. Des tests dans le système d'eau courante à Karashi ont révélé des taux de chlorine insatisfaisants, ce qui a certainement favorisé la multiplication des Naegleria Fowleri. Déjà, en 2012, dix personnes avaient succombé d'une MEAP à Islamabad.