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Protection sociale, Brexit: les deux candidats au remplacement de Theresa May s'opposent

Johnson et ses partisans

Johnson et ses partisans - Oli Scarff / AFP

Lors d'un meeting devant des membres du parti conservateur jeudi soir à York, Boris Johnson et Jeremy Hunt, qui entendent tous les deux remplacer Theresa May à la tête du mouvement et du gouvernement, ont montré leurs dissensions.

Les 180.000 militants du parti conservateur s'apprêtent à désigner leur nouveau leader et par conséquent le nouveau Premier ministre, en lieu et place de la démissionnaire Theresa May. Le résultat de leur vote sera connu le 23 juillet prochain. Ils ne sont plus que deux à concourir pour un bail au 10, Downing Street: Boris Johnson, député, ex-maire de Londres et ex-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, et Jeremy Hunt, qui l'a remplacé dans cette dernière fonction. 

Et les deux hommes s'affrontent désormais, distinguant leurs deux lignes politiques devant les adhérents de leur famille politique sur deux points cruciaux. Ainsi, alors que la Chambre des Lords vient de présenter un rapport appelant à consacrer huit milliards de livres afin de restaurer l'accès à la protection sociale et à renforcer la qualité des services pour les personnes âgées vulnérables, ils ont chacun adopté des positions différentes lors d'une réunion du Parti conservateur à York jeudi soir, comme l'a noté ici Sky News.

Boris Johnson, pour sa part, a plaidé pour un accord "transpartisan" visant à éviter que les personnes en difficulté soient expulsées de chez elles en cas de difficultés à faire face à leurs frais de santé.

"C'est quelque chose qui prendra du temps, c'est controversé politiquement parlant. Mais il faut faire quelque chose pour rendre aux gens leur dignité et leur sécurité et faire en sorte qu'ils ne se sentent pas menacés de perdre leur maison. C'est possible!" a-t-il lancé. 

"Si vous regardez l'Espagne ou l'Italie..."

Son rival a livré une opinion radicalement différente. Il a cru bon de demander aux familles de s'entraider en se regroupant sous un même toit plutôt que de faire appel à la protection sociale. "Dans notre pays, 420.000 foyers rassemblent trois générations. La grand-mère, la mère, le père, les enfants y vivent sous le même toit. je pense que c'est une bonne chose", a-t-il d'abord avancé avant de poursuivre:

"Je ne dis pas que nous devrions tous vivre avec notre belle-mère mais je crois que les familles de trois générations vivant au même endroit sont de très belles choses. Si vous regardez l'Espagne et l'Italie, où ils dépensent moins en protection sociale que nous mais n'ont pas de crise sociale, c'est parce qu'il s'agit de société qui maintiennent les familles unies. En tant que parti de la famille, je crois que nous devrions mettre en place des incitations en ce sens également".

Les candidats ont aussi rappelé leurs différences sur le front du Brexit. Boris Johnson a renouvelé sa promesse: avec lui au pouvoir, le Brexit interviendra bien à la date dite, c'est-à-dire désormais le 31 octobre prochain, qu'un accord ait été trouvé ou non. Jeremy Hunt a quant à lui prôné une approche prudente: "Si nous sommes proches d'un accord mais qu'il nous faut encore quelques semaines pour y parvenir, soit!"

Robin Verner