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Pascal Boniface: "La Russie vient aux JO avec l'opprobre du pays qui a triché"

Le directeur de l'Iris est revenu, vendredi soir sur BFMTV, sur les conséquences géopolitiques de la menace qui a pesé sur la délégation russe de ne pas participer aux Jeux olympiques de Rio.

Sport et politique s'entremêlent souvent. Pascal Boniface, directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques, a apporté vendredi sur BFMTV son éclairage sur la situation de la Russie pendant les Jeux olympiques de Rio.

"La Russie a sauvé l'essentiel"

Le pays a évité de peu l'exclusion collective de la prestigieuse compétition pour des raisons de système de dopage institutionnalisé. D'autres pays sont aussi touchés par ce type de problème mais la pratique se fait à l'échelle d'individu isolé et non dans un cadre organisé par l'Etat. Vladimir Poutine, le président russe, se serait bien passé de cette mauvaise publicité.

Le fondateur de l'Iris estime que "la Russie a sauvé l'essentiel parce qu'elle défilera". Le pire aurait été que les athlètes soient exclus des jeux. Il n'existe que deux autres précédents: l'Afrique du Sud de l'Apartheid et l'Afghanistan des talibans, où les femmes n'avaient pas le droit de faire du sport.

"La Russie vient avec une délégation qui est amputée du tiers par rapport à ce qu'elle pensait. Elle vient avec l'opprobre du pays qui a triché. Des athlètes ont été rayés pour avoir fait un dopage à fortes doses et d'Etat", explique Pascal Boniface.

Contre-performances, racisme, hooliganisme

L'auteur de JO politiques, aux éditions Eyrolles rappelle que Vladimir Poutine est un sportif de haut niveau pratiquant le judo et qu'il voit dans le sport un moyen de rayonnement. Un événement sportif majeur attend d'ailleurs bientôt le pays avec la Coupe du monde de football de 2018. Mais l'équipe nationale a été élimée au premier tour de l'Euro 2016 ce qui ne laisse rien augurer de bon.

Des casseurs russes se sont également illustrés en marge des compétions ne donnant absolument pas une bonne image du pays. Des problèmes de racisme, surtout à l'encontre des noirs, sont aussi à déplorer. Cela serait très mal interprété s'il y avait des incidents de ce type lors du Mondial 2018, estime Pascal Boniface.

"Des problèmes d'alcoolisme et d'hygiène de vie"

Le chef de l'Etat russe a deux ans devant lui pour remettre de l'ordre. Promouvoir le sport est "aussi un moyen de rééduquer les citoyens russes qui, en termes, de santé publique ne sont pas très performants", ajoute Pascal Boniface. L'espérance de vie des Russes est bien inférieure à celle des pays industrialisés en raison de problèmes d'alcoolisme et d'hygiène de vie.

"En Russie, dans les années 90, le sport avait quasiment disparu. Du fait de dépérissement de l'Etat et de l'Economie, depuis les années 2000 et l'arrivée de Poutine au pouvoir, il y a un retour de l'Etat et des résultats sportifs", souligne le directeur de l'Iris.

Quoiqu'il arrive une même menace pèse sur tous les pays organisateurs de grandes compétitions internationales. "Même si le Brésil n'est pas pris directement dans le conflit du Proche-Orient, le terrorisme va partout. La visibilité des JO est énorme, c'est l'événement le plus médiatisé au monde avec le Mondial de football", conclut Pascal Boniface.

E. M.